Jeudi 14 juillet 2005
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Je voulais le garder comme premier post des vacances.... mais finalement non, c'est aujourd'hui que j'étoffe un peu la rubrique Sans Zécole qui ne comptait jusque là qu'un seul article, dans lequel j'expliquais pour une bonne partie les raisons qui nous ont poussé à ne pas inscrire notre puis nos zèbres à l'école.
Dans ce second post, je traiterai de celles qui font que nous continuons. Tant que celles-ci sont plus nombreuses que celles qui pourraient nous pousser à arrêter et que je compte évoquer dans un autre article, les zèbres continueront à faire l' "école à la maison"1.
Quels avantages trouvons-nous à ne pas aller à l'école ?
Je trouve que trois ans (et deux plus encore !), c'est (trop) petit pour être confronté à des groupes aussi larges que ceux qu'on peut trouver à l'école : des classes de parfois 25 ou 30 élèves du même âge, avec des besoins de maternage encore grands.
Sans parler du groupe encore plus large qui se retrouve dans la cour de récréation.
Je ne veux pas dire par là que l'école à deux ans ou à trois ans "c'est mal" (et j'en profite pour préciser que j'y suis allée à deux ans), mais juste que la structure telle qu'elle est en général et dans certaines écoles en particulier n'est à mon sens pas adaptée.
A la maison, l'enfant se trouve dans un environnement non seulement familier et rassurant, mais surtout adapté à sa taille : un petit groupe, qui n'est pas restreint au seul cercle familial bien évidemment. La plupart de ceux qui ont choisi de ne pas inscrire leur enfant à l'école s'arrangent pour rencontrer d'autres familles dans le même cas ne serait-ce que pour se sentir moins isolées dans un choix qui demeure marginal même s'il se répand de plus en plus. C'est aussi la possibilté de se retrouver dans des situations de groupes moins artificielles que celles vécues à l'école entre enfants tous d'une même classe d'âge.
A la maison, l'enfant est en contact d'abord avec ses frères et soeurs, stimulé par les plus grands, moteur pour les plus petits.
Ne pas aller à l'école c'est aussi avoir plus de temps, plus d'opportunités pour rencontrer d'autres personnes de la "vraie vie" : le géomètre qui fait des relevés, le réparateur EDF, le conducteur du tram ou du bus... PZ1 a eu l'occasion de discuter avec de telles personnes, d'en savoir plus sur comment et pourquoi elles travaillaient et à une ou deux exceptions près cela s'est toujours très bien passé : ces personnes étaient contentes de montrer leur travail, d'expliquer (je précise quand même que nous avons à chaque fois eu à coeur de ne pas les déranger....). Il a ainsi par exemple, pu rentrer dans une locomotive et actionner les essuie-glaces, le klaxon ou encore pu manoeuvrer le bouton de fermeture des portes dans le tram... liste non exhaustive des expériences qu'il a ainsi vécues et qu'il n'aurait pu faire s'il avait été à l'école parce que nous aurions eu moins de temps pour observer, rencontrer.
Un autre aspect que je trouve important : celui du respect du rythme de l'enfant. Un réveil qui se fait à son heure et pas "vite vite parce qu'il faut aller à l'école", une sieste si, quand et aussi longtemps qu'elle est la bienvenue, faire pipi quand on en a besoin et pas tous ensemble à 10 heures... Sans parler du fait de pouvoir apprendre "quand" on veut et "ce" qu'on veut avec des supports variés et adaptés à ses demandes et à son mode d'apprentissage.
Il garde aussi l'envie, le besoin d'apprendre pour le plaisir d'apprendre, de savoir, de comprendre le monde qui l'entoure au lieu de travailler en vue d'évaluations, de contrôles, de notes. Sa curiosité lui ouvre, avec si besoin l'aide des personnes bienveillantes qui l'entourent, les portes du monde.
Ce choix correspond aussi à un choix de vie : ne pas être complètement coupée de mes enfants, ni eux de moi, qu'ils participent à la vie de la famille avec nous les parents. Qu'ils sachent ce que c'est qu'un quotidien domestique à "gérer" (les lessives, les repas, le ménage....), ce que c'est qu'un bébé et devoir répondre à ses besoins... bref, autre chose que de nous voir tous seulement après le travail / l'école / la nounou c'est à dire à des moments où les tensions générées par tout ce qui a été vécu dans la journée ne sont pas propices aux retrouvailles sereines, encore compliquées par les questions d'ordre domestique qu'il faut alors résoudre "vite vite" (le bain, les repas, les devoirs....) : vivre ensemble, vraiment, apprendre à nous connaître, prendre le temps de le faire. Ne pas passer à côté les uns des autres.
Un autre avantage que je vois à notre situation, c'est le fait de ne pas devoir prendre nos vacances aux dates des vacances scolaires et la flexibilité que ça nous donne (sans parler du coût moindre) de ne pas être ainsi liés par cette contrainte. C'est en plus moins cher, et plus facile pour mon mari de poser des dates de congés en dehors des périodes auxquelles tout le monde souhaite partir... même s'il est vrai que nous ne voyageons pas beaucoup. C'est cette absence de contrainte "scolaire" qui nous a permis de partir tous ensemble à Paris au mois de juin, ce que nous n'aurions pas pu faire si PZ1 avait été scolarisé : même en maternelle, les absences doivent être justifiées et ne peuvent dépasser dans certaines école 2 demi-journées par mois.
D'autres choses entrent peut-être en jeu, pour le moment je pense avoir cité ce qui est essentiel pour nous et qui nous donne l'envie de continuer ainsi.
Et comme tout n'est pas non plus tout rose tous les jours, je consacrerai un prochain post aux inconvénients qu'il y a à vivre ce choix différent.
1 Edit du 15/07/05 : C'est volontairement que je mets des guillemets à "'école à la maison" puisque je ne souhaite pas reproduire l'école... à la maison. Ne pas scolariser (et non pas "scolariser à la maison", expression qui me fait bondir à chaque fois que je l'entends : soit on scolarise, soit on ne scolarise pas...), c'est l'occasion justemement de faire autre chose, autrement.
Z'avez dit...