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L'enfant est comme un étranger dans une ville inconnue dont il ne connaît ni la langue, ni les coutumes, ni la direction des rues. Souvent, il préfère se débrouiller seul, mais si c'est trop compliqué, il demande conseil. Il a alors besoin d'un informateur poli.

J. Korczak, Le droit de l'enfant au respect, 1929.





   




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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 09:47
Un changement de programme, suivi d'un nouveau changement de programme et hop voilà... la Farandole Sans Ecole, désormais gérée par moi-toute-seule, est finalement hébergée ici même, avec un tout petit peu de retard sur l'horaire annoncé :)

Vous avez été nombreuses à en relayer l'annonce sur vos blogs, un immense merci pour votre enthousiasme ! Signalez-moi dans les commentaires que vous parlez de la première édition et je ferai un lien vers le post concerné.

La prochaine farandole paraîtra le 15 février et je vous propose de raconter à quoi ressemble la non sco' chez vous : plutôt "école à la maison" avec un programme et/ou des cours, plutôt "apprentissage autonome" ou quelque-part entre les deux ? Et si vous avez navigué de l'une à l'autre ou de l'autre à l'une, comment et pourquoi ce changement ?
Si le thème ne vous plait pas, pas de souci  : toutes les contributions sont les bienvenues, les votres, celles de vos enfants, de vos conjoints...
Notre diversité fait notre richesse, sortons du placard et montrons-là !

Si vous avez des idées de thème à proposer pour les prochaines farandoles, surtout n'hésitez pas à les suggérer.


Pour cette première édition le thème proposé était le suivant :

*~* Mais comment donc est venue cette idée de non-scolarisation ?? *~*

Vous avez, nous avons été 10 à participer, certaines sont blogueuses, d'autres non et elles m'ont adressé leur texte directement.
Je vous invite d'abord à un petit tour des blogs avant de vous livrer les témoignages reçus par courriel.

Son mari vient de lui annoncer qu'il est d'acord pour instruire en famille, et ce dès l'année prochaine, tous ceux de leurs enfants qui le désireront (pour les grands) ainsi que leurs petits... Ingrid + 7 nous livre à cette occasion des petits flashbacks sur le chemin parcouru en couple à ce sujet.
Mémère explique comment ne leur est jamais venue la drôle d'idée de scolariser leur enfant.
La Fée Viviane a quant à elle choisi de faire ce retour aux sources sur son tout nouveau blog, et nous raconte
cette Génèse : comment l'instruction en famille s'est trouvée sur leur chemin...
Pépitedechocolat prend la main de La Fée Viviane et donne l'autre à Gaëlle pour cette farandole. Stéphanie nous explique comment ce choix est venu naturellement. Je rentre également dans la ronde, suivie par Sissi qui a compilé deux textes qu'elle avait écrits sur son blog pour expliquer leur chemin. Yaël et Claire m'ont également fait parvenir leur participation par mail... voici leurs trois témoignages.

Souvent j'essaie de me rappeler quand nous avons pris la décision de Homeschooler nos enfants, je ne crois pas qu'il y ait eu un jour précis, je crois plus que c'était le flot de pensée et de raisonnement qui petit à petit sont devenus une évidence pour notre famille. J'ai commencé à lire des livres sur ce sujet en 2001, Victorine avait 5 ans, Tristan 1 an et Matthieu venait de naître, aussitot le sujet m'a "parlé", des noeuds dans mon estomac se nouaient, une impression d'une voix qui me poussait et me montrait que c'était le chemin à suivre, pourtant je ne connaissais rien de tout cela.
J'étais si ignorante sur le sujet, je n'avais jamais entendu parler d'école à la maison , pour moi l'école était non seulement obligatoire mais il n'y avait pas d'alternative, on ne pouvait pas ne pas aller à l'école, ce genre de scolarité était pour les gens vivant en caravane.
J'ai commençé à m'instruire et à ouvrir les yeux autour de moi, Victo était scolarisée en GM et j'ai soudain retrouvé la vue, moi la maman qui ne me posait pas de questions, qui envoyait son enfant à l'école "ben, parce que tout le monde le fait, non?" j'ai vu tout ce qui semblait clocher avec le système, les méthodes d'apprentissage, les programmes taille unique, etc..., tout a déjà été dit et écrit.
Etant une maman obéissante et ne pensant pas que je pouvais moi même faire l'école à mon enfant (ben oui quoi je suis pas institutrice après tout) , à cette époque je n'étais pas encore famillière avec le Unschooling. Victorine est rentrée en CP, et avec le recul je me rends compte que ma bêtise avait des profondeurs abyssales. Elle est restée avec son papa en France pendant que je suis allée 3 semaines aux antilles avec ses deux frêres pour que elle ne loupe pas trois semaines d'école surtout en CP, oui j'ai honte de ce geste, rien que d'écrire cette phrase mon coeur se serre, j'en culpabilise encore et j'ai envie de creuser un trou et me cacher tellement je trouve ma décision incroyablement stupide, je n' assume pas de l'avoir privé d'un tel voyage au profit de son assiduité scolaire. Surtout qu'elle a vécu aux Caraibes jusqu'a ses 4 ans, bigre elle meritait de revoir "son" île!
En décembre la maitresse me convoqua pour m'informer du retard en lecture que semblait avoir Victo, en effet elle n'était pas au niveau ( et par niveau je veux dire : le programme exige que, au 6 décembre les enfants aient acquis le son cha, ma, pa, fa...), après un quart d'heure d'entrevue la maitresse m'a donné le sentiment que ma fille était retardée, n'arriverait à rien et il fallait tout de suite lui faire des séances d'ortho pour essayer de la "sauver". J'ai mal accepté cela, ne doutant en aucun cas de l'intelligence de ma fille , de sa débrouillardise (est ce un mot?) et de son ouverture d'esprit, je ne pouvais concevoir que la maitresse la catalogue ainsi. Je connaissais une amie ortho de ma GM, et elle a rencontré Victo, oui je sais, je n'étais pas encore guérie de mon manque de clairvoyance quant à l'apprentissage et l'enseignement des enfants, j'ai honte, j'ai honte! Cette charmante dame me confirma que Victo était intelligente, sans aucun problème cognitif, mais qu' elle n'était seulement pas "prête". 5 ans plus tard elle manie aussi bien la lecture en anglais qu'en francais et possède un niveau très satisfaisant (selon les standards académiques) mais surtout elle aime lire. Je crois qu'a partir de là, mon épiphanie avec le Hs n'a cessé d'évoluer et je n'ai cessé de lire, lire et lire sur ce sujet. A la fin de son année j'avais carrément l'impression de me mentir et la trahir en l'envoyant à l'école. L'univers fait en sorte d'offrir les choses quand on les désire sincèrement, à la fin de son année scolaire nous sommes retournés vivre aux US donc pas de réinscription à l'école. And the rest is history...
Avance rapide..., nous sommes revenus des US en septembre 2005, juste à temps pour les inscrire tous les trois à l'école. Pourquoi? alors que nous sommes des Hs convaincus . Plusieurs facteurs ont contribué à cette décision et je ne vais pas en parler ici.
Après deux mois d'école, une fois que la nouveauté, les copains et nous enfin libres et au calme soient passés, les sirènes du Hs sont revenues. On n'échappe pas à qui on est, tout au long de cette année j'ai pû voir l'étendu du désastre qu'était l'école, et l'éducation, la pression des copains pour être "à la mode"et non unique, les moqueries et cruautés des enfants, l'impression que Victo ne faisait et n'apprenait pas grand chose, que l'essence même de nos enfants disparaissait, mon dedain quant à lui faire faire ses devoirs car je ne comprenais pas l'intêret de recopier deux fois une poesie qu'elle ne comprenait pas, (Baudelaire en CM1 c'est beaucoup trop tôt pour apprécier ce grand et génial poete). Ma déprime chronique de les attendre dans la cour , leurs méthodes de travail, l'inefficacité de ces mêmes méthodes , le respect fidèle du programme et des délais même si un chapitre n'a pas été compris ou appronfondi suffisament, bref pleins de petites, moyennes et grandes choses accumulées mais sans doute le plus grave, c'est que nous allions contre-nature, contre notre destin, si je puis dire ainsi, tous les matins je trahissais nos croyances et notre philosophie car nous n'écoutions ni notre coeur, ni notre raison, parce que nous avions la chance de savoir et de comprendre que nous avons un choix, bien meilleur, bien plus sain, bien plus heureux, bien plus important, bien plus respectueux, bien plus personnel bien plus profond.
Enfin, l'élement le plus signifiant, Tristan a été très malheureux et presque tous les matins me suppliait de ne pas y aller. Et toute la journée son papa et moi savions que nous avions eu tort de l'envoyer et culpbabilisions encore plus. En mai passant le plus clair plus de mon temps à raler contre l'école et par conséquent rendant mes enfants assez confus "elle est contre mais pourtant on y va", j'ai su qu' ils ne retourneraient pas en classe à la prochaine rentrée. Et ce soir en pensant à ces merveilleuses années qui nous attendent ensemble, je suis en paix, je savoure l'évidence que le Hs est pour nous et regarde les magasins se remplirent de fournitures scolaires et je vois cela comme une secte mystèrieuse dans laquelle je suis très contente de ne plus appartenir. Et mes enfants aussi.
Il faut savoir que si nous étions encore aux US et si Tristan était scolarisé il aurait été sans aucun doute diagnostiqué ADHD (attention deficit hyperactivity disorder)et mit sous Ritalin. Combien d'enfants très intelligents se retrouvent pourtant en échec scolaire, en "learning disabilities", drogués et ne peuvent jamais développer leurs grandes capacités car le système est tout simplement non adapté pour ces enfants?
L'école à la maison pour Tristan n'est pas une option, autant pour les autres c'est un choix de vie autant pour lui, c'est une obligation qu'il reste avec nous. Il a été malheureux pendant 9 mois, et le mettre à l'école c'est lui assurer une scolarité chaotique où il sera, soit isolé, soit prendra pour copains les pires enfants qui soient. D'un point de vue scolaire, je sais qu'il s'ennuiera très vite, et prendra en dégout tout ce qui demande un effort de patience et de répetition. De plus si son travail n'a pas de challenge et de but cérébralement stimulant, il abandonnera tout simplement. Son manque de confiance déclinera encore plus, le rendant complêtement introverti et il n'essaiera même plus de se concentrer sur son travail, ni se donner la peine d'essayer. Oui je connais bien mon fils et on veut l'aider autrement qu'en le droguant, il est clair et certain que nous ne donnerons jamais de ritalin à notre enfant. La fin de l'année scolaire a été très dur, il était dans "tous" ses états, desfois c'est très éprouvant pour nous. Il sait qu'il ne retourne pas à l'école et il en est si heureux, c'est comme si le unschooling avait été inventé pour lui, Tristan est un pur, un vrai et un radical unschooler, il ne peut en être autrement. Donnez-lui une feuille d'exercice et il va commencer à se tortiller dans tous les sens, à se gratter la tête, à se frotter les yeux, il va se fermer et chercher une fâcherie, généralement il quitte la table au bout de 3 minutes en boudant. Donnez -lui de la terre, une scie, de l'eau, du fil, un moteur et il va s'occuper pendant des heures et des heures, se concentrer, s'appliquer, analysant toutes les choses qu'il peut faire .
Voilà donc une autre des raisons qui nous ont poussé au hs, on veut que Tristan garde sa curiosité intacte, son estime de soi, son indépendance et son amour de la découverte dans le cadre le plus favorable qui soit, où son individualité sera prise en compte et où il apprendra en ses termes, selon ses envies, ses choix, son "horloge".

Sissi

La décision de ne pas scolariser les enfants en maternelle s’est imposée a nous : nous partions en voilier pour trois ans, Lena aurait de 3 à 6 ans pendant le voyage, Loris de 1 à 4 ans, nous savions que la maternelle n’était pas obligatoire, c’était parfait. Nous ne nous sommes posé aucune question, c’était évident. Je sais maintenant que les cours du CNED commencent en dernière année de maternelle, et que beaucoup de parents qui voyagent préfèrent y inscrire leur enfant, « pour avoir un cadre, pour être surs de ne rien rater ».

S’il était évident pour nous que les enfants n’iraient pas en maternelle, il était presque aussi évident qu’ils iraient à l’école à notre retour. Je dis « presque », parce qu’au fond de moi, je préparais déjà le terrain pour qu’ils n’y aillent pas. Plus je les voyais libres et heureux, plus ça me faisait mal de penser à notre retour. Ce jour où ils devraient rester 8h00/ jour assis sur une chaise, à faire ce qu’on leur dirait de faire… c’était tout simplement inconcevable de leur offrir ce voyage comme une parenthèse pour ensuite rentrer sagement dans le système.

6 mois après notre départ, j’ai demandé à mes parents de m’envoyer le livre « Libres enfants de Summerhill », qui était dans la bibliothèque familiale et que j’ai vu toute mon adolescence sans jamais franchir le pas de le lire, simplement parce que la photo de couverture était un peu ringarde je crois. J’ai lu ce livre d’une traite. J’ai adoré. Ayant dans mon entourage plusieurs familles qui instruisaient leurs enfants elle memes, je savais que l’école n’était pas obligatoire. Mais j’étais persuadée que le programme de l’EN, lui, l’était. Et moi, faire « l’école a la maison », ça ne me disait rien du tout, je ne voyais carrément pas l’intérêt. En revanche, laisser à mes enfants la liberté de s’instruire à leur rythme, ça, ça me parlait. J’étais préoccupée, je retournais ça dans ma tête, persuadée que c’était totalement impossible de fonctionner comme ça en France. Ce premier hiver, nous sommes rentrés 3 mois en France. J’ai rencontré « par hasard » chez des amis communs une famille unschooler que je connaissais par internet. Ils m’ont renseignée. Ca m’a libérée d’un poids énorme. Voilà, ma décision était prise. Maintenant, je vis ca comme une évidence, ils apprennent en vivant, c’est aussi simple que ca. Petit a petit, j’ai exposé le concept du unschooling à leur père, et j’ai expliqué à Lena qu’elle apprenait beaucoup de choses même si elle n’allait pas à l’école comme les autres enfants (elle se posait des questions à ce sujet).

Aujourd’hui, Lena a 5 ans ½, Loris 3 ans ½ . Nous rentrons dans 6 mois, mais nous avons d’autres projets de voyage. Si le fait d’être unschoolers avec des enfants qui ne sont pas encore soumis à l’obligation d’instruction est facile et évident pour nous, je sais que ça sera plus difficile l’année prochaine. Heureusement, nous sommes d’accord sur le fait de respecter son rythme, et confiants sur le fait qu’elle apprendra ce qu’elle a besoin d’apprendre. Néanmoins, je sais déjà que mon entourage nous mettra une pression importante si elle n’est pas « au niveau ». Je suis contente de rentrer en France pour avoir l’occasion de rencontrer d’autres familles unschoolers et me ressourcer à leur contact. Mais je sais aussi que nous n’y resterons pas trop longtemps, pour échapper à cette pression. En clair : on remplit la caisse de bord, on fait le plein de bons moments partagés avec famille et amis, et on repart !

Yaël

Nous avons 3 enfants de 5 ans et demi, 3 ans et 1 an.
L'aînée est allée à l'école en petite et moyenne section.
Cette année, nous avons décidé de ne pas la scolariser. Au départ, je dirais que la principale raison de ce choix a été notre découverte de l'éducation non violente. Or celle-ci devenait de moins en moins compatible avec l'école. Nous avons par ailleurs lu des témoignages de personnes ayant fait ce choix. J'ai alors eu l'intuition que ce type d'instruction pourrait apporter beaucoup à notre famille.
Maintenant, je souhaite continuer de ne pas scolariser mes enfants, car j'ai découvert une nouvelle forme de vie qui nous apporte beaucoup. Mes enfants ont le temps de jouer: elles n'ont jamais été aussi imaginatives. Nous avons le temps d'écouter les conflits entre soeurs, ce qui améliore l'ambiance à la maison. Je suis disponible pour les moments dans la journée où elles ont vraiment besoin de moi. Quant aux apprentissages, ils se font à son rythme: elle n'est plus en échec (plus de bonhommes pas contents....) Ma fille reprend petit à petit confiance en elle; elle est moins stressée et toute l'atmosphère familiale s'en ressent.
Maintenant que nous avons goûté à la vie sans école, nous avons des raisons plus rationnelles de continuer....

Claire
Par Phoebe @ 09h47 - Publié dans : FSE
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