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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /Sep /2006 14:11
Si à l'ouverture de ce blog j'ai rapidement rédigé les articles dans lesquel j'exposais nos (mes ?) raisons (ou au moins quelques unes) ainsi que les avantages que je trouvais et trouve toujours au choix de non scolarisation des zèbres, je repousse depuis plus d'un an le moment de rédiger son pendant consacré, lui, aux inconvénients que je trouve au fait de ne pas scolariser les zèbres.
Je m'interroge sur les raisons de cette procrastination, peut-être faut-il y voir comme une envie de ne pas donner du grain à moudre à ceux qui n'approuvent pas un tel choix, peut-être que j'aurais le sentiment de donner plus d'importance qu'ils n'en ont finalement à ces inconvénients... il me faut toutefois bien reconnaître que c'est probablement l'un d'eux qui me pousse à prendre le clavier aujourd'hui.

Celui qui m'est le plus difficile à "gérer", c'est le fait d'être 24/7 ou peu s'en faut avec mes enfants. C'est un "inconvénient" qui est aussi lié à leur âge, j'imagine que les parents d'adolescents non scolarisés ne sont plus dans le même cas de figure que moi, seule à la maison une grande partie de la journée avec les besoins de trois enfants de 7 ans à 17 mois à combler, besoins qui sont parfois en contradiction avec les miens. J'imagine que plus grands, non seulement leurs besoins seront différents et pourront être satisfaits sans mon aide mais qu'en plus ils ne seront pas forcément présents physiquement à la maison ou n'auront pas besoin de ma présence pour se rendre à tel ou tel endroit.
Notre mode de vie n'est pas adapté à un tel choix et quand je dis "notre", je parle bien de celui de notre famille en particulier, mais également de la société dans laquelle nous vivons :
- l'adulte en charge des enfants ne peut le plus souvent pas trouver de relai à l'intérieur de la famille élargie (grands-parents, oncles, tantes....) pour cause d'éloignement ou autre, ni même auprès d'amis qui pourraient contribuer à former la village dont un proverbe africain dit qu'il est nécessaire à l'éducation d'un enfant (alors trois, je vous dis pas :) !) parce qu'ils travaillent à l'extérieur, vivent trop loin pour qu'un tel arrangement puisse être praticable (sauf à envisager le covoisinage),
- ce relai ne peut pas non plus être trouvé à l'extérieur même de façon très ponctuelle puisque par exemple il est impossible d'envisager l'accueil d'un enfant de plus de trois ans (c'est à dire scolarisable) en halte-garderie (halte-garderies de toutes façons infréquentables si l'un des parents ne travaille pas (à l'extérieur)), impossible aussi de fréquenter "en famille" les lieux d'accueil parents-enfants qui constituent pourtant un bon moyen pour tous de "voir autre chose" si certains des enfants de la fratrie dépassent un certain âge. Et employer une jeune-fille au pair, ou avoir recours à une baby-sitter nécessite des moyens financiers, sauf à arriver à négocier un échange réciproque de services. Ce n'est peut-être pas le cas partout, mais à Grenoble, halte-garderies ou lieux de parentalité (à l'excusion de Parent'aise) ne constituent pas une option.
Cette situation me pose à l'occasion un problème, parce que vivre au quotidien avec mes enfants est certes une aventure enrichissante, passionnante mais c'est aussi quelque chose qui me renvoie parfois brutalement à mes souffrances d'enfant, qui me pousse à me remettre en question, à reculer pour mieux avancer et que pour ce cheminement que j'ai à faire, j'ai aussi besoin d'un espace, espace que je n'ai pas (assez) dans ce quotidien avec eux. J'ai aussi des centres d'intérêt divers que j'ai envie de continuer à explorer, des envies à assouvir, bref je ne suis pas *que* mère et j'ai besoin de temps pour cultiver cettte facette-là également.
Si nos interactions sont dans une très large majorité positives, il y a aussi des moments difficiles qui sont d'autant moins aisément surmontés que c'est un choix minoritaire et que parfois quand on expose certaines difficultés, on reçoit en retour un "t'as qu'à les mettre à l'école" peu constructif quand on aurait besoin d'empathie et de soutien, parce que oui, vraiment, le quotidien avec des enfants c'est quelque chose de très demandeur, d'usant et que ce n'est pas parce que c'est un choix que ça gomme toutes les difficultés. Sans compter que je ne crois vraiment pas que l'école résoudrait miraculeusement tous les problèmes : ça améliorerait peut-être certains points, mais ça serait aussi - au moins potentiellement, et c'est un risque que pour le moment je n'ai pas envie de courir - source d'autres problèmes de nature différente, si j'en juge par les motifs de déscolarisation qu'exposent bon nombre de parents (qui donc contrairement à nous ont fait l'expérience de l'école, ou plutôt dont les enfants, contrairement aux nôtres, ont fait l'expérience de l'école).
Je crois que cette proximité, quand elle me pèse, me pèse plus qu'à eux mais je reconnais qu'eux aussi semblent parfois manifester une certaine saturation : nous sommes trop habitués les uns aux autres, il y a une certaine usure de part et d'autre et les coupures, vacances nous permettent à tous de prendre l'air, de nous recentrer et aussi de réaliser quand vraiment le ras-le-bol semble trop présent que ce quotidien ne nous pèse finalement pas tant que ça :)

Un autre inconvénient est que pour le moment je n'ai pas trouvé de solution me permettant de travailler ET d'être (pleinement) disponible pour mes enfants.
Je ne travaille pas (= je n'ai pas d'activité rémunérée à l'extérieur ou à l'intérieur de la maison), et tant que je bénéficie de l'allocation de congé parental la situation est vivable financièrement. Quand ça ne sera plus le cas, il est clair que le fait de pouvoir vivre ou non avec un seul revenu sera un facteur déterminant dans la poursuite de ce choix.

Je le disais, c'est un choix minoritaire, même s'il semble en expansion en France. Si certains ont un regard positif ou au moins neutre, ce n'est pas le cas de tous et il n'est pas toujours facile de l'assumer face à des réactions hostiles. Je glisse rapidement sur le fait que les parents ont des comptes à rendre tant à la Mairie qu'à du personnel de l'EN que je trouve non compétent pour évaluer les situations d'apprentissage hors du cadre scolaire, ce qui constitue une source de stress non négligeable même quand "ça se passe bien".

Il y a également des contraintes horaires : les différentes activités qui pourraient intéresser les zèbres sont proposées à des horaires "extra-scolaires" (forcément) ce qui fait que s'ils sont intéressés par plusieurs d'entre elles, ils vont se retrouver à devoir tout cumuler le mercredi par exemple, ou alors l'un ne pourra pas aller à l'activité de son choix parce qu'il y a conflit d'emploi du temps avec celle de son frère.

Mis dans la balance, ces "inconvénients" ne pèsent pas bien lourd face à tout ce que je vois de positif à la situation, bien évidemment, même si parfois les plateaux semblent aller jusqu'à s'équilibrer...
Par Phoebe @ 14h11 - Publié dans : Sans Zécole
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Commentaires

T'as qu'à les mettre en pension !! :-)))))
Commentaire n°1 posté par Jack Bauer le 01/09/2006 à 15h17
Jack, Jack, Jack... si tu continues je laisse tomber 24 pour The L Word :)))
Réponse de Phoebe le 01/09/2006 à 16h21

Rhaa, je viens de te faire une longue reponse mais elle s'est effacee. Je reviendrais une autre fois.


Merci pour ta franchise et gros bisous

Commentaire n°2 posté par yael le 01/09/2006 à 16h35
Merci à toi de passer (et aussi pour les nouvelles des voyageurs....) :)
Réponse de Phoebe le 01/09/2006 à 18h07

Je trouve ce billet plein de franchise , très intéressant , et drôlement "sain" ! ;-)


Si des détracteurs" de l'IEF   avaient quelque chose à y prendre , ils le trouverait aussi ailleurs , je pense , et seraient sûrement de mauvaise foi !


Ben oui , tu as des besoins aussi , et ça c'est rassurant et même chouette pour un môme de constater que sa maman a aussi des désirs , des projets !


Ce qui coince surtout , je pense , c'est ce que tu évoques , qui pour moi s'appelle isolement , c'est à dire , pas d'entraide (co-voisinage, copinage, échanges de services) , et qui fait que le système "village" , ne fonctionne pas ! Ca me fait vraiment penser à ma lecture du livre "le concept du continuum" !


Moi , je n'en ai qu'une (de girafette !!!) , mais si je reste en tête à tête avec  elle les 5 jours de la semaine , ça va pas le faire ! ;-)


Ni pour elle , ni pour moi ! Alors je tente des mises en place avec le voisinage , justement : 3 gamines viennent se faire aider pour l'école (!) et jouent avec elle , et elle se fait inviter du coup !


Et puis on a trouvé une famille désco pas loin , on entame les contacts , on va se rencontrer .Mais ce n'est pas si simple , c'est sûr !


Je débute , et je n'en ai qu'une , alors j'attends un peu pour en dire plus : N'empêche que ce billet est plein de franchise et qu'il fait réfléchir , et c'est bon ! ;-D


A + , Phoebe, et plein de bisous !

Commentaire n°3 posté par avanaé le 01/09/2006 à 18h16
Ben disons que l'isolement, le manque d'entraide, quand les enfants sont à l'école et que tu ne vis pas ce tête à tête, ben on ne s'en rend pas forcément compte, mais il est là quand même, sauf que c'est plus facile de faire sans (et je vais me faire lyncher par ceux et celles qui jonglent avec garderie, nounous, le rush poru être à l'heure à l'école...).

Les autres familles non sco, il y en a aussi pas trop loin, mais ça reste quand même toute une organisation pour se voir, surtout régulièrement. A ce propos si vous voulez de temps en temps vous joindre à nous lors des rencontres qu'on organisera probablement à la maison des jeux de Grenoble :)....

Si je n'avais qu'un seul enfant, ça me semblerait bien plus jouable, le tête à tête : PZ1 fait pas mal de choses tout seul, sans avoir besoin d'interaction avec moi et ce temps-là me laisserait de la disponibilité pour moi (reste aussi qu'avec un seul enfant, les challenges ne seraient pas les mêmes, et je n'aurais sans doute pas autant avancé dans ma réflexion sur la parentalité...)... mais là, avec trois enfants, il y en a toujours au moins un qui requiert ma présence, mon intervention ou je ne sais quoi : à la fin de la journée, je suis vidée, lessivée même quand on n'a rien fait de spécial. Ne serait-ce que le bruit généré par les activités normales de petits zèbres en pleine forme vivant leur vie, un bruit "normal" quoi, dans la mesure où il est continu, finit par me faire craquer : l'espace sonore est en permanence occupé, j'ai vraiment du mal avec ça...
Réponse de Phoebe le 01/09/2006 à 18h36
Bon, je suis en train de lire le dernier livre de Meirieu qui donne sa vision de l'école dont notre société aurai besoin, en s'appuyant sur des témoignages et contributions d'enseignants et de pédagogues faits sur le site du café pédagogique. Et il rappelle que l'école n'est pas obligatoire, que c'est l'instruction. Ouf, tu vas être ok avec lui. Sur ce point en tout cas. Par contre, il n'en fait pas l'apologie... Je recherche ce passage et je te le transmets, ton avis confronté à ses idées m'intéresserait !
Commentaire n°4 posté par Bra le 01/09/2006 à 19h36
Il ne fait pas l'apologie de quoi, j'ai pas compris là Bruno :) ?
Mais je veux bien que tu me transmettes ce passage en question, oui !
Réponse de Phoebe le 01/09/2006 à 23h41

c'est marrant, j'allais parler de mes "limites" en tant qu'homeschooleuse avec deux choupinettes aux besoins trèèèès différents (mais j'aurais aussi pu écrire sur tous les problèmes que j'ai connu en mettant ma fille en crèche et à l'école!!!!)


tu me donnes le courage d'écrire un billet là-dessus (euh quand je trouverai le temps :-D )


merci, merci pour avoir écrit cela


ahhh, tu me redonnes la pêche là, je ne me sens pas toute seule!


 

Commentaire n°5 posté par je cherche l\\\\\\\\\\\\\\\'or du temps le 01/09/2006 à 20h03
J'attends de te lire alors :)
Je trouve formidable de vivre à une époque où les moyens de communication permettent justement de rompre au moins en partie cet isolement et de faire circuler plus largement l'information... c'est vraiment important pour moi.
Et lire, des témoignages, encore et encore, pas forcément des "tout est rose à la maison, les petits oiseaux cui-cui" ou "tout va mal à l'école", juste partager des expériences, différentes, mais toujours enrichissantes. Ce type de partage m'a apporté beaucoup pendant mes grossesse pour tout ce qui touche à la naissance, je continue de m'en nourrir dans mon chemin au jour le jour, ça ouvre des perspectives, ça confirme des intuitions... c'est RICHE.
Alors, oui, j'attends de te lire....
Réponse de Phoebe le 01/09/2006 à 23h46
Merci pour ce billet. C'est vraiment ce que je recherche en venant lire votre expérience de déscolarisation : vrai témoignage de comment vous le vivez pour de vrai.
Une possibilité que je regarderais avec attention serait, pour ma part, le regroupement avec des familles voisines ayant des visions proches de la nôtre. Ce qui reviendrait, de fait, à recréer une école.
Commentaire n°6 posté par mamazon le 01/09/2006 à 22h07
Je vais pinailler Mamazon : notre expérience de non-scolarisation :) puisque les zèbres n'ont jamais été à l'école. C'est important, parce que d'une certaine façon le choix qu'ils font de ne pas aller à l'école, c'est celui de ne pas changer un mode de vie qui leur convient.
Dans un contexte de déscolarisation, ayant goûté à l'école, je veux croire que le choix des parents et enfants concernés est vraiment un choix "pour" quelque chose de différent. Et parfois je me dis qu'il pourrait être intéressant que mes zèbres aient une réelle expérience de l'école, pour pouvoir faire un choix vraiment éclairé.
D'un autre côté dans beaucoup de cas de déscolarisation, celle-ci intervient en raison d'un mal-être, de difficultés, de troubles, bref dans un contexte où il y a eu souffrance, dommage et où c'est peut-être plus finalement un choix "contre l'école" que "pour la maison".... pas sûre d'être prête à ce que mes enfants risquent ça, ou plus exactement, tant qu'ils ne le demandent pas, je n'ai guère envie de les pousser à essayer absolument (mais je sens aussi que cette demande viendra à un moment où un autre et j'ai confiance qu'ils seront prêts à ce moment-là à vivre ce qui viendra, en bien comme en moins bien si ça devait être le cas).

Un regroupement avec des familles voisines ? A quel point de vue ? Pour faire la classe ? Si c'est le cas, il faut être très prudent puisque ce type de regroupement est assimilé ou pourrait l'être selon le fonctionnement à la création d'une école, ce qui est réglementé. En tout état de cause, mon problème ne se situe pas tellement au niveau de l'accompagnement dans les apprentissages, des rencontres régulières avec des familles non-sco auraient plus pour but de passer des moments agréables avec d'autres personnes.
Le plus souvent, juste savoir que quelqu'un d'autre est disponible si j'ai besoin de calme, de silence 5 minutes ou de pouvoir finir quelque chose sans être interrompue toutes les cinq secodnes suffit à ce que je sois plus détendue. Savoir qu'il n'y a pas de backup, de relai possible là dans la minute, que je suis la seule sur le front en quelque sorte est un gros stress certains jours.
Réponse de Phoebe le 02/09/2006 à 00h03
Je confirme...l' isolement...malgrés halte-garderie et école.....il est toujours là !!!!
Comme à mon habitude, je n' ai pas d avis bien défini sur ce sujet de la déscolarisation.( je suis de caractère "compréhensif" ce qui n\\\' aide pas toujours dans les prises de positions et  décisions !!!) ...tu m\\\' as juste appris que cela existait bel et bien ......pour des raisons de choix plus que d' obligations ........

Bon retour !
Et peut être à bientôt à la biblio, la maison des jeux , ....ou autre !

Raquel !
Commentaire n°7 posté par raquel le 01/09/2006 à 22h08
L'isolement est toujours là, certes mais avec l'école et la halte-garderie tu as du temps seule régulièrement, j'imagine. Ce sont des relais pour toi quand même, pas forcément assez ni comme tu le voudrais mais ce sont des relais. J'imagine que tu arrives à caser, je ne sais pas moi un RDV médical ou un coiffeur. Ce genre de chose est un casse-tête pour moi, non que j'aille chez le docteur ou le coiffeur très souvent, mais si mes deux garçons étaient à l'école, même juste le matin et que je puisse confier la zébrette à une halte-garderie une matinée par semaine je dois quand même dire que ça ferait une différence.
Bon je vois ça avec mon bout de la lorgnette hein, et je ne suis pas en train de me plaindre, juste de constater que du temps seule sans *aucun* zèbre dans les parages, je n'en ai vraiment pas des masses. Et que forcément à puiser dans le réservoir jour après jour après jour en étant là avec eux, si je ne trouve pas un moyen de le remplir, ça risque de clasher.
C'est aussi une question de regard, de point de vue sur les choses, il se trouve qu'en ce moment j'ai du mal à voir l'abondance et je focalise sur ce qui manque... dans quelques temps, à choses égales dans la journée avec les enfants je pourrais ne pas être aussi vidée juste parce que mon regard sur la journée sera différent.

Tout à fait d'accord pour le "à bientôt", autrement que par hasard au parc :)
Réponse de Phoebe le 02/09/2006 à 00h11

oh non!


J'avais ecrit un long post et au moment d'envoyer: "impossible d'afficher la page", arrgh je suis fachée.


Je recommence demain, il est tard à présent.


 

Commentaire n°8 posté par sissi le 02/09/2006 à 02h06
Flûte :(
J'attends quand même de te lire :)
Réponse de Phoebe le 02/09/2006 à 08h43
Je vais essayer de clarifier mes propos !!! Donc ! Meirieu parle de l'instruction à domicile mais explique pourquoi selon lui ce n'est pas bon, donc il n'en fait pas l'apologie. Je cherche le passage, donne ses arguments et, c'est ça qui m'intéresse, j'aimerai avoir on avis sur les points qu'il évoque ! Voilà !!!
Commentaire n°9 posté par Bra le 02/09/2006 à 09h28
Est-ce qu'il parle de l'instruction hors école "dans l'absolu", indépendemment des reproches qu'on peut faire au système actuel ou bien est-ce que le hors école n'est pas bon face à une école qui serait "idéale" ? Parce que si le système était réformé, je pense que pas mal de mes objections tomberaient (enfin, tout dépendrait des réformes, évidemment....).
Bon, je suppose que ça sera clair quand je lirai le passage :)
Réponse de Phoebe le 02/09/2006 à 09h36

Bravo! Vous faites preuve d'une grande lucidité et d'esprit critique. Franchement, je connais peu de gens "scolarisants" capables d'une telle analyse, ou ne serait-ce que conscients de leur choix (car scolariser est aussi un choix). Je vois là un plaidoyer supplémentaire en faveur de l'école à la maison.

Commentaire n°10 posté par sylvie le 02/09/2006 à 16h15

Souvent les gens pensent que nous sommes des supers mamans, faisant preuve d’une patience géante et d’une abnégation de notre propre personne hors du commun. Vivant que par et pour nos enfants et n’ayant aucune aspirations personelles. Ils nous voient comme des femmes  « selflessness » (je ne trouve pas le mot exact en francais), des sortes de Stepford wives sinon pourquoi donc accepterions nous de rester avec nos enfants 24/24 ? Comme ils ont tort ! Oui nous avons des envies et des besoins, oui nous nous languissons de moments calmes et d’isolation, oui nous voulons desfois etre tranquille surtout avec notre ordi. Oui nous aimerions etre egoistes plusieurs heures par jour et nous occuper de nous.


Dans les blogs de homeschoolers c’est souvent un probleme omis, desfois je lis et je me dis wow elle en a pas marre là de donner autant ? Je me sens alors peu courageuse et en situation d’echec face à notre choix de non-sco et je me dis aussi que ces femmes sont formidables. Alors que je suis sure qu’elles ressentent souvent ce que tu ressens en ce moment, mais comme tu dis les bons moments positifs surmontent les moments difficiles. Donc on occulte. Moi meme je n’ai dû écrire que quelque fois seulement que mes enfants étaient durs certains jours et que le soir je n’en pouvais plus étant prete à les inscrire à l’école dés le lendemain.


Tu l’as très bien souligné, le probleme est que en France la sociéte n’est pas encore adaptée aux non scolarisants, il faudrait des creches ouvertes pour tous les ages et à des heures de la journée non calquées sur le fameux 8h30/ 16h30 où nous serions libres de poser les bambins quand bon nous semble, ne serait-ce qu’une  journée par semaine. Toute la structure administrative de ce pays concernant les enfants est basée sur l’école, c’est l’école ou rien, mais surtout c’est le principe de l’offre et de la demande. Pourquoi créer des lieux de baby sitting pour les 150 familles non sco. dispersées qui plus est aux quatres coins de l’hexagone ?



 



Un groupe de soutien et de rencontre serait à mon avis très favorable, une fois par semaine les familles non sco. pourraient se rencontrer, les parents pourraient décompresser pendant que les enfants se retrouveraient pour jouer, ce meme groupe pourrait contribuer à faire du baby sitting gratuit sur un principe d’échange et/ou de reciprocité, hélas les distances géographiques ne laissent que peu de chance à la création d’un « support group ». Dommage !



 



Si tes enfants allaient à l’école tu rencontrerais d’autres problemes beaucoup plus éreintants à mon avis, je ne vais pas parler du débat pédagogique que tu connais très bien mais plutot la course contre les horaires, le manque de connection entre l’enfant et les parents vu que absent pendant 8 heures, la pression sociale de leurs camarades, les demandes d’achat de marques hyper chères pour « faire comme », la routine monotone gouter/devoirs/bain/dodo, jongler avec les activités scolaires et extra-scolaires, avoir des enfants dont tu ne reconnais plus la mentalité, et la présence sonore que tu mentionnes existerait toujours sans doute meme décuplée par les restrictions de bavardages imposées par l’école.


 


Et puis à l’adolescence tout changera, leur imposante présence gestuelle et sonore s’attenuera, ils maitriseront plus leur énergie débordante (enfin là je parle et j’éspère en cachette pour moi), ils seront plus indépendants, ils seront moins demandeurs donc moins prenants. Sans oublier que tu auras établi un rapport magnifique avec eux vu leurs non-sco. Et tu ne rencontreras certainement pas les problemes que semblent avoir la plupart des parents d’ados scolarisés. Ta relation avec eux à l’adolescence se construit maintenant, la confiance que tu donnes à tes enfants, le respect de leur individualité, l’échange que tu vis avec eux, la connaissance que tu possèdes de leurs besoins et envies est bien plus profonde que la plupart des parents puisque justement tu vis avec eux 24/24, cela laisse du temps pour vraiment approfondir cette relation enfant/parent.



 




 




 



Il faut voir sur le long terme, je sais que certains jours sont durs mais il faut garder pour objectif Demain. C’est maintenant que tu sémes.


Sois certaine de ton bon choix, puisqu’il vient de ton coeur et de ta raison.  Et que tu n’as pas choisi la route la plus facile en prenant en main « l’instruction » de tes enfants. Peu importe les commentaires des gens, ils s’imaginent que puisque la non sco est un choix volontaire nous devons assumer parfaitement tous les jours et le droit de clamer notre fatigue et la saturation nous est déchu, parce que sinon hein faut les mettre à l’école !



 



Je sais aussi que en ville ça ne doit pas etre facile tous les jours, c’est mal fait puisque la campagne pour toi et les enfants serait plus favorable, mais pas pour ton mari et les trajets en voiture, dur de trouver la juste balance. Quant au spectre du manque d’ Euros encore une fois la France n’est pas adaptée pour un home-based something, que ce soit home-based school ou home-based business, il n’y a que trop peu d’options. C’est navrant.


Je me retrouve vraiment dans tes mots et je compatis, moi aussi je suis passée par un burn-out, c’est pas drole. Essaie de trouver du temps rien que pour toi, seule, coupée de ta famille dans la journée, ne serait ce que 10 minutes ça fait un bien fou !



 



Je te cite : « Mis dans la balance, ces "inconvénients" ne pèsent pas bien lourd face à tout ce que je vois de positif à la situation »

 



et c’est cela le plus beau et le plus important à retenir, il y a des jours sans mais il y aussi des jours avec, et quand on prend le temps de s’asseoir et de réflechir à la chance de pouvoir vivre tous ces instants avec nos enfants, à  ce que nous accomplissons avec eux, tout devient merveilleux.

 



Ils ne seront pas enfants éternellement.

 




 



A bientot. J

 




 



Ps : Tu peux avec tes enfants venir passer une journée ici, au vert si tu le désires et si c’est possible.

 



Ps1 : j’ai un billet en anglais dans mon blog sur : pros vs cons of homeschooling, je crois dans archives Aout.

Commentaire n°11 posté par sissi le 02/09/2006 à 17h22
Quand tu parles des blogs de homeschoolers je crois que le fait que ce choix soit minoritaire joue beaucoup dans le fait de raconter ou pas.. et puis il y a quand même une pression sociale globale à la performance, à l'excellence... sans compter que ce n'est pas forcément évident de dire à la face du monde (blogosphérique) qu'on n'y arrive pas.

Pour le groupe de soutien, le problème comem tu le soulgnes ce sont les distances. Il y a d'autres familles dans le coin, mais si je dois faire 1 heure de bus quand je sens que je craque poru aller voir une autre famille, le stress généré par l'expérience du bus alors que ça va déjà pas très bien, euh... je passe.

Je sais bien qu'à l'école il se poserait d'autres problèmes, sauf que quand j'en ai marre, je ne vois que l'aspect : je pourrais être "seule", sans personne pour me solliciter pour ci ou ça, pouvoir taper un mail sans être interrompue au minimum une fois (sauf à le faire pendant qu'ils dorment)... parfois la simple perspective de ne pas pouvoir disposer d'un peu de continuité dans ce que je fais est écrasante.

Dans ces moments de difficulté, je doute aussi de la relation que nous établissons maintenant, on vit quand même parfois des moments pas chouettes du tout pour eux :( (c'est mesuré à l'aulne de mes aspirations en tant que parent, certes (des aspirations élevées), mais quand même...).

Là maintenant, pouvoir au quotidien bénéficier d'un peu plus d'espace résoudrait beaucoup de choses je pense.
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 11h41
je suis à 100 pour 100 d'accord avec toi sissi! ton blog est très bien fait pour cela d'ailleurs, et j'aime beaucoup ta phrase "une journée bien vécue"
Commentaire n°12 posté par je cherche l\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ le 03/09/2006 à 08h14
:)
Mais y a-t-il des journées "mal vécues" ? Je veux dire, une journée "vécue", vraiment vécue hein, même si ça se passe mal, c'est toujorus "bien vécu", au sens de "vraiment vécu"... bon, ok, je pinaille et je coupe les cheveux en quatre là :)
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 11h26
Dans son dernier livre, Meirieu part de ses propres idées et de témoignages portés au Café pédagogique pour proposer une refonte totale de l'école (et créer ce qu'il appelle une Ecole fondamentale...). C'est dans ce contexte là qu'il fait tout un tas de propositions et qu'il donne son avis sur l'école à la maison en expliquant pourquoi il n'y est pas favorable. Voici ses propos sur ce sujet :

Obligatoire, l'Ecole fondamentale devra s'efforcer de ne pasavoir besoin de l'être... pour pouvoir le devenir. Car, en France aujourd'hui, ce n'est pas l'école qui est obligatoire, mais l'instruction. Dès lors que les parents peuvent justifier que leur enfant reçoit un enseignement conforme aux programmes, ils peuvent le déscolariser. Le phénomène est encore marginal, mais il se développe fortement aux Etats-Unis sous le non de homeschooling et nous risquons bientôt de le voir déferler chez nous. Or il est particulièrement préoccupant au regard des finalités de l'Ecole fondamentale : car on ne va pas seulement  en classe pour apprendre les savoirs nécessaires pour passer les examens, on y va aussi pour les apprendre avec d'autres. On y va pour découvrir l'altérité sous toutes ses formes : d'autres jeux, d'autres langages, d'autres univers, d'autres époques, d'autres hommes et d'autres femmes qui ont existé autour de nous et qui vivent autour de nous... mais aussi d'autres manières de penser, d'autres sensibilités, d'autres regards sur le monde. L'Ecole de la République ne peut pas être une "Ecole familiale", même si, bien évidemment, elle n'est nullement dirigée contre la famille. En réalité, elle la prolonge et la dépasse à la fois : dans la famille, déjà, l'enfant découvre qu'il n'est pas le centre du monde, il doit renoncer à imposer ses caprices à son entourage et apprendre à se plier aux règles collectives. A l'Ecole, il découvrira que le monde, décidément, n'est pas organisé autour de lui et qu'il ne peut y trouver une place que s'il renonce à prendre toute la place. Ainsi l'école est-elle libératrice : elle permet de se dégager de l'égocentrisme enfantin qui entrave le développement de l'intelligence et empêche de s'inscrire dans un collectif ; elle permet d'échapper à l'enfermement et à la reproduction qui menacent une famille, même la plus ouverte... Difficile pourtant, même dans ces conditions, de rendre la fréquentation de l'école obligatoire sans paraître s'en prendre aux libertés individuelles. Mais on pourrait, au moins, s'efforcer de rendre l'Ecole fondamentale assez attractive et accueillante pour que nul ne ressente le besoin d'y échapper. Car au bout du compte, il n'est d'Ecole républicaine digne de ce nom qu'un Ecole où chaque famille et chaque enfant sont fiers de pouvoirs dire : "C'est notre Ecole !".

Philippe Meirieu, Ecole: demandez le programme, 2006, ESF éditeur et le Café pédagogique
Commentaire n°13 posté par Bra le 03/09/2006 à 08h54
Je réagis vite fait là mais j'y reviendrai assurément : "dès lors que les parents peuvent justifier que leur enfant reçoit un enseignement conforme aux programmes".
Ben non, justement, il n'y a pas d'obligation de suivre les programmes. Par contre l'obligation d'arriver à la fin de la période d'instruction obligatoire à un niveau comparable dans des domaines énoncés dans le décret.
Le contenu des connaissances requis des enfants relevant de l'obligation scolaire qui reçoivent une instruction dans leur famille ou dans les classes des établissements d'enseignement privés hors contrat concerne les instruments fondamentaux du savoir, les connaissances de base, les éléments de la culture générale, l'épanouissement de la personnalité et l'exercice de la citoyenneté.
             Article D. 131-11 du Code de l'Education

Le législateur a souhaité que les exigences du droit de l'enfant à l'instruction soient précisées dans un décret définissant un socle commun des connaissances à acquérir dans le respect des droits de l'Homme et l'exercice de la citoyenneté. Le contrôle de l'instruction dans la famille par l'inspecteur d'académie doit donc se faire en référence à l'article 1er de la loi du 18 décembre 1998 et au décret n° 99-224 du 23 mars 1999, et non pas aux programmes en vigueur dans les classes des établissements publics ou privés sous contrat.
C. n° 99-070 du 14-5-1999

Je n'ai pas connaissance des propositions qu'il fait pour réformer l'école et donc mes réactions se basent malheureusement sur ce que je connais de l'école et sur la façon dont elle fonctionne actuellement. A prendre avec un bémol, donc.
***  "Car on ne va pas seulement  en classe pour apprendre les savoirs nécessaires pour passer les examens, on y va aussi pour les apprendre avec d'autres."
Ah bon ?  On va apprendre pour passer des examens ?  Il me semble qu'au moins dans un premier temps, l'apprentissage se fait pour répondre à un besoin de compréhension du monde dans lequel nous vivons, qu'il répond à une nécessité venue de l'intérieur : "pourquoi ?",  "pourquoi ?". Et ça me dérange au plus haut point qu'on fasse de l'Ecole Fondamentale un lieu où l'on apprend "pour passer des examens". Il me semble que cette supposée nécessité des examens ne devrait intervenir que plus tard, à mon sens après la période d'instruction obligatoire à un moment où le fait de les passer peut relever d'un projet, d'un choix réfléchi du principal intéressé.
Dans cette optique-là, j'ai aussi envie de dire "on y va pour apprendre avec d'autres", c'est lui qui le dit, qui l'affirme... encore faudrait-il demander aux intéressés là encore ce qu'ils en pensent ? Ont-ils envie tous les jours d'apprendre avec d'autres, avec les mêmes autres tous les jours ?
A moins que parmi les réformes proposées pour arriver à l'Ecole Fondamentale (EF) il y ait cette possibilité de choix.
"On y va pour découvrir l'altérité sous toutes ses formes : d'autres jeux, d'autres langages, d'autres univers, d'autres époques, d'autres hommes et d'autres femmes qui ont existé autour de nous et qui vivent autour de nous... mais aussi d'autres manières de penser, d'autres sensibilités, d'autres regards sur le monde" : moi je serais vraiment curieuse de lire ses propositions, là, parce que "l'altérité sous toutes ses formes" avec des enfants qui viennent de la même carte scolaire, qui ont le même âge hmmm... je trouve qu'elle est singulièrement limitée quand même. Et je ne suis pas sûre qu'il connaisse le unschooling.
Tiens, là tu vois, je me surprends à penser qu'un vrai choix devrait être offert, mais offert à tous : que ce n'est pas seulement l'école qui'l faudrait réformer mais la société pour que ce choix légal d'instruction à la maison puisse se faire dans d'autres conditions, où les rencontres seraient facilitées, où il pourrait y avoir  - comme c'est le cas aux US par exemple - des interactions entre scolarisés et non scolarisés, que ceux qui sont à l'école voient aussi l'altérité sous toutes ses formes : que l'école n'est pas le seul lieu où l'on peut apprendre, que ceux qui ne sont pas scolarisés puissent voir ce qu'il se passe à l'école (et puis hein, si elle est si bien, ils pourraient choisir d'y aller en totue connaissance de cause).
Mon gros reproche, c'est de vouloir là encore qu'un modèle unique, aussi réformé soi-t'il, soit valable pour tous... j'ai du mal à imaginer ça.
"dans la famille, déjà, l'enfant découvre qu'il n'est pas le centre du monde, il doit renoncer à imposer ses caprices à son entourage et apprendre à se plier aux règles collectives. A l'Ecole, il découvrira que le monde, décidément, n'est pas organisé autour de lui et qu'il ne peut y trouver une place que s'il renonce à prendre toute la place." : ben moi je lis ça, et ça me fait beurk. Quelle vision a-t-il des enfants : caprices, se plier.... beurk beurk. Il y a des limites, oui, il s'y confronte oui... à a maison, ailleurs, il voit les adultes s'y plier. Et il faudrait que l'EF ne soit composée que d'individus parfaits, compétents pour que ça marche : il propose quoi contre les profs qui briment ? Parce que hein, parfois, à l'école on ne renonce pas à prendre toute la place, on renonce à toute place.... (et qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : rien n'est parfait à la maison non plus).
"elle permet de se dégager de l'égocentrisme enfantin qui entrave le développement de l'intelligence et empêche de s'inscrire dans un collectif" : là encore, je ne reconnais ni moi ni mes enfants, ni beaucoup de ceux que je connais... et pour tout dire je voudrais bien qu'il m'explqiue sur quoi il se base pour dire ça (de la psycho à deux balles teintée de psychanalyse ?).....
Mais bon, hein, on va dire qu'il en a vu plus que moi des enfants, qu'il a plus d'expérience (mais sa vision des enfants me fait vraiment un gros beurk à la lecture de ce passage.... ça respire pas la confiance...).
N'empêche qu'il me semble que son argumentaire est dans son ensemble biaisé par la conviction de base inébranlable que 'l'école c'est mieux" et ça me gène fortement parce que quand on veut démontrer quelque chose on y arrive. On pourrait de la même façon démontrer que le unscholing est la seule voie possible, avec le même type d'arguments : où trouver une meilleure expérience de l'altérité que dans "la vraie vie" ? Où trouver une mailleurs façon de s'intégrer au collectif qu'en vivant un vrai collectif, pas un collectif imposé à l'école ? Tu vois ce que je veux dire ?
"Mais on pourrait, au moins, s'efforcer de rendre l'Ecole fondamentale assez attractive et accueillante pour que nul ne ressente le besoin d'y échapper." : oui, "au moins".... sauf qu'il ne s'agit pas forcément d'un besoin d'y échapper, parfois on peut tout simplement ne pas avoir *envie* d'y goûter :)
Bon, ma zébrette s'impatiente, je suis très brouillon, j'avoue que tout le passage sur l'école qui suit et prolonge la famille me met très mal à l'aise sans que j'arrive à mettre le doigt sur ce qui me dérange : le côté l'Etat prend en charge les enfants ?
Et puis en terme de non reproduction es modèles, que propose-t-il pour que l'Ef fonctionne différemment : si je ne m'abuse l'école reproduit les classes sociales, combien d'enfants d'ouvriers font des études supérieurs déjà ? A comparer au pourcentage d'enfants... d'enseignants par exemple.
Bref, le sentiment là que lui comme moi on ne voit que ce qu'on veut voir ;)
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 10h34

 "Ainsi l'école est-elle libératrice : elle permet de se dégager de l'égocentrisme enfantin qui entrave le développement de l'intelligence et empêche de s'inscrire dans un collectif ; elle permet d'échapper à l'enfermement et à la reproduction qui menacent une famille, même la plus ouverte..."


QUOI! Bon ce n'est pas mon blog mais en lisant les commentaires je ne peux m'empecher de dire QUOI?!! à cette phrase, je me demande sur quoi cette personne se base pour  dire une chose aussi ridicule.

Commentaire n°14 posté par sissi le 03/09/2006 à 10h00
Moi aussi, ça m'a fait brrr..... j'ai vraiment l'impression d'une vision terriblement pessimiste des enfants, une optique "dressage", "adulte potier" et pas "adulte jardinier". Bon sur cet extrait seulement, c'est difficile de se faire une idée juste, mais vraiment, ça m'a choquée de lire ça.
(Surtout que l'enfermement et la reproduction ne sont pas l'apange de la famille, le système scolaire fait ça très bien aussi....)
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 11h26
Justement, Meirieu dit que l'école n'a pas pour but de donner des connaissances pourr éussir des examens, son but est tout autre : on y va pour apprendre l'autre, pour apprendre avec les autres. C'est en tout cas comme ça que je l'ai compris...
Concernant l'altérité, effectivement propose une sacrée révision de la carte scolaire pour une véritable hétérogénéité des origines des élèves, la possibilité de pouvoir mélanger les générations car chacun devrait pouvoirêtre libre de reprendre ses études là où il les a laissées, sans limitation d'âge.
Pour la question de l'argumentaire du pour ou contre, je suis effectivement ok avec toi.
Merci de m'avoir apporté ton éclairage aussi sur cette question, ici et dans d'autres de tes billets,c ar c'est vrai, il est dur de se faire son idée de ces questions.
Je te recommande la lecture de ce bouquin qui est certes très utopiste. Mais j'avoue que j'aimerai avoir ton point vu plus global sur ses propositions, ce qui peut-être en fait apporte aussi une autre lecture de ses propos que j'ai rapportés ci dessus...
Vaste débat que celui de l'école, républicaine et/ou familiale, qui doit former, édiquer, instruire, faire grandir, mélanger, devenir citoyen... etc. etc.
Commentaire n°15 posté par Bra le 03/09/2006 à 11h05
Oui, il dit effectivement "pas seulement"... en fait, je n'ai pas été assez précise dans ma réponse : il m'a semblé à le lire que l'acquisition des connaissances... on va dire académiques, n'est envisagée que dans l'optique "passage d'examen", et ça ça me gène profondément, surtout pour la tranche d'âge concernée par l'instruction obligatoire.

Oui, c'est un vaste débat et j'avoue que j'aimerais que chacun puisse avoir un réel choix, une palette des réponses possibles parce si l'école n'est à mon sens pas la réposnes unique qui convient à tous et à tout moment de sa vie, je crois aussi que la non scolarisation n'est pas la réponse unique et j'aimerais vraiment qu'il puisse y avoir des croisements, des passages plus souples de l'un à l'autre - bref concilier les avantages des deux façons de voir les choses sans reproduire aucun des inconvénients :) ? - pour que tout un chacun puisse y trouver son compte.

A l'occasion, si quand tu as fini de lire le livre tu acceptes de me le prêter, je serais curieuse de le lire...
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 11h24
J'aime bien ton texte sur vos (tes?) difficultés au quotidien.
Ca me fait penser un peu à une discussion avec C. qui disait que ce qui l'épuisait le plus, c'était pas d'avoir des enfants à la maison toute la journée mais surtout d'avoir deux bambins toute la journée... donc l'école n'y arrange rien!

Je te rappelle quand même que je suis pas si loin que ça... et avec tout le temps libre que je vais avoir pendant 6 mois, je veux bien te libérer un peu de temps si tu veux (même que M.  à côté de moi dit qu'elle voudrait bien voir tes zèbres et ta zébrette).

:-*
Commentaire n°16 posté par Jimk le 03/09/2006 à 15h15
Oui, c'est vrai... le plus usant, c'est la combinaison des deux grands + une bambine... avec juste une bambine à la maison, ça serait ausi très usant.
On se voit toujours mercredi ?
Réponse de Phoebe le 03/09/2006 à 17h00
Je m'aperçois que j'ai oublié de te parler du bouquin de Meirieu : jel'ai promis à la CPE du bahut mais après, c'est promis, je te le fais passer. On pourra ainsi en recauser en ayant connaissance del'ensemble de ses propositions et ainsi bien tout replacer dans un contexte plus global. Même si, je le dis ici comme sur mon blog, sespropositions me semblent intéressantes (quoique pas toutes) mais vraiment irréalisables et utopistes quand on voit combien il est difficile de faire bouger les choses dans la maison...
Commentaire n°17 posté par Bra le 09/09/2006 à 16h50
Super (je ne manque de totues façons pas de lectures en attendant....) !
Et ça fera un prétexte pour vous revoir :)
Réponse de Phoebe le 10/09/2006 à 02h26
Vraiment cette discussion m'a passionné !
je suis ravie de ton message initial, c'est vrai qu'en lisant les blogs nonsco il y a comme une impression de surenchère de la meilleure super maman qui fait 4000 mille activités et garde le sourire. Personnellement je suis mère de 3 enfants en IEF et j'ai dû scolariser le grand pour 6 mois parce que je ne pouvais plus assumer les problèmes de ma vie de couple et l'IEF. Là j'ai vraiment soufflé même si je n'ai pas aimé le savoir dans une école ou il n'a rien appris avec des mômes qui se fritaient sournoisement dans la cour sans que les adultes se sentent concernés.
Je crois qu'il est clair qu'on n'en vient pas à l'ief pour rien: souvent cela fait suite à une conscientisation profonde des problèmes rencontrés à l'école. de la volonté de permettre un autre choix de vie aux enfants sans devoir payer 400 euros par mois une école privée haut de gamme pour laquelle il faudrait travailler comme des malades sans voir ses enfants grandir. Cela fait suite aussi à un maternage de proximité fait pour le respect des besoins des enfants. Et les mères là dedans sont humaines et pètent les plombs de temps en temps évidemment !Il n'y a rien d'extraordinaire à cela et même pour avancer il est bon de voir et travailler ses limites.
s'il y avait une école ou l'on respecte les personnes, leurs rythmes leurs capacités impermanentes d'être ou non en groupe, avec des guides ayant fait un travail personnel intérieur, proposant une co-éducation parentale, tout le monde mettrait ses enfants à cette école.
Je pratique du Yoga Milarepa ( issus de la tradition thibétaine, basé sur l'expérience de l'énergie ) depuis 9 ans age de mon fils ainé.J'apprends tous les jours gràce à mes enfants à faire preuve d'un peu plus de patience envers moi-même et envers eux. J'ai trouvé des astuces pour être seule par moment d'abord parce que le papa prend le relais dès qu'il est présent c'est une condition non négligeable pour souffler. Ensuite je pratique la méditation le soir au couché, et le yoga le matin avant le levé de chacun ce qui me permet d'être plus en harmonie avec mes besoins. La journée c'est plus difficile mais j'essaie de pratiquer le plus possible la pleine conscience de chacun de mes gestes, cela m'aide à rester en contact avec le moment présent. Je traverse aussi des moments de grands doutes surtout quand je suis fatiguée et que les enfants refusent les activités que je propose.
Je vis à la campagne loin du groupe nonsco Toulousain, j'ai 50 mn de trajet aussi les rencontres sont limités à 1 fois par semaine car c'est fatigant.
Pour palier à cela, je fais partie de l'asso des amis de la médiathèque de ma ville, ou je rencontre des adultes autour de projet d'animations souvent pour enfants. Les enfants aiment se retrouver à la médiathèque et moi, je construis un lien social qui a du sens pour la communauté même si cela reste à petite échelle. Malgré tout j'aimerai bien vivre dans un éco-village de nonsco pour partager ...un jour qui sait..
Je propose un livre interessant à lire même si l'on n'ai pas boudhiste pour conclure ma participation à cette discussion :" S'occuper de soi et de ses enfants dans le calme " de Sarah Napthali. Même si personnellement je sature un peu de la répétition de mot boudhiste il y a vraiment de bons tuyaux.
merci d'avoir permis cet échange j'ai eu plaisir à vous lire tous.



Commentaire n°18 posté par nath82 le 04/03/2010 à 22h45
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