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L'enfant est comme un étranger dans une ville inconnue dont il ne connaît ni la langue, ni les coutumes, ni la direction des rues. Souvent, il préfère se débrouiller seul, mais si c'est trop compliqué, il demande conseil. Il a alors besoin d'un informateur poli.

J. Korczak, Le droit de l'enfant au respect, 1929.





   




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Sans Zécole

Jeudi 15 septembre 2005 4 15 /09 /Sep /2005 00:00
Vu le lien sur Laisse tomber ton cartable : L'école à la maison : une alternative pédagogique légale.

Plus on sera nombreux à la dire et plus  il sera facile de vivre ce choix... de (trop) nombreuses personnes s'imaginent encore que l'école est obligatoire, d'où les regards hautement désapprobateurs portés sur nos enfants, "mais keskifélapoukoilépaàlécole ?"....
Par Phoebe @ 20h51 - Publié dans : Sans Zécole
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Mercredi 7 septembre 2005 3 07 /09 /Sep /2005 00:00
J'ai reçu avant-hier un emballage en kraft brun, dans lequel, noués par une ficelle rustique à laquelle était attachée une jolie étiquette, se trouvaient les 6 premiers numéros du magazine Live Free Learn Free, magazine que je mentionnais en ressource dans un précédent post.

J'ai feuilleté en vrac tous les numéros, grapillant un article par là, un témoignage par ci, des histoires inspirantes ailleurs... j'ai envie de m'abonner. Tiens, je mets ça sur ma liste d'idées cadeaux pour ceux qui ne sauront pas quoi m'offrir à Noël.
Je crois que je vais continuer à picorer ainsi plutôt que de les lire chacun de A à Z. Je trouve ces lectures très ressourçantes pour moi et je pense qu'elles vont, de même que les livres de John Holt, contribuer à garder mon moral au beau fixe.

S'il y en a que ça intéresse, j'ajoute ci-dessous les sommaires des deux premiers numéros. Pour le moment un article en particulier m'a fait une très forte impression et je vais voir s'il est possible de vous en faire profiter (en français).
Certains articles sont disponibles (en anglais) en ligne à partir du site du magazine (je les mets en lien dans les sommaires concernés).

Issue 1 - Aug/Sep 2004 (page originale)




Socialization on Their Own Terms
College: Weighing the Alternatives


Cooking Up an Education (Heather Woodward) : A family learns about history, geography, gardening, math, reading and, yes, food through cooking.

A Few Words About Unschooling Math (Luz Shosie) : How many everyday things really involve math? Here's a partial list.

My Biggest Concern (Joan Labbe) : A mother evaluates the socialization question, comparing her family's situation to her own life as a public schooled child.

Aren’t You Worried? (Rue Kream) : A homeschooling mother asks some socialization questions of her own.

Suffering at the Hands of Strangers (Cheryl Morkan) : A family leaves the bullies of public school behind.

Socialization (Valerie Fitzenreiter) : "A lack of school in her life did not hinder socialization; rather, it broadened her acceptance of people far beyond the scope of classroom walls."

A Sense of Belonging (Tammy Takahashi) : Socialization through groups without losing one's identity as an individual.

Series of Haikus: My Unschooling Week a poem by Rachel Johnson

Free. a poem by Lexi Johnson

Grades Are for Meat and Eggs – Not Children (Kelly Lovejoy) : How grading devalues true learning.

Home Education from a Different Perspective (Erika Schron) : Homeschooling special-needs children creates learning environments tailored to their unique needs.

Kirby Turns Eighteen (Sandra Dodd) : "How is a life of learning 'done'? When is 'graduation' for an unschooler?"

College or Not? (Peter Kowalke) : An unschooler turns his struggle with the college question into a documentary about grown homeschoolers and learns some surprising things in the process.


Issue 2 - Oct/Nov 2004 (page originale)


Learning Through Living
Finding the Way: Later Learners as Individuals

Amateur Theatricals ( Heather Henderson) : "Suddenly, a great idea was born. Why not stage our very own performance of The Nutcracker?"

Culture, Tradition, and a Grandfather's Death (Lisette BC Abbott) : During Dia de los Muertos, a young boy and his mother celebrate the life of his grandfather.

Learning by Accident (Tammy Takahashi) : How does unschooling work? A mother writes about her children's natural curiosity.

Homeschooling - Fostering Nature Through Interest-Led Learning (Kristianna Baird) : A girl leaves school to learn what's most important to her.

Does Quitting Have to Be Final? ( Susal McGlohn) : The case for quitting.

A Day in the Life of an Unschooler (Pam Genant) : A mother describes a day in her family's life.

Underwater Whales Acrylic by Athena Williams

Forced to Write a poem by Brittney L. Owens

Freedom to Write (Christina McCabe) : A homeschooled teen discusses her love of writing and gives tips to other writers.

Standardized Testing Traps: Ideas for Minimizing the Effects of Tests on Students (Ann Lahrson Fisher) : A homeschooling parent who has administered tests to both schooled and nonschooled children offers suggestions on how, gently, to prepare world learners for unnatural testing situations.

Emily's Eyes: The Disability I Didn't See (Alison M. Palmer) : Could there be a physical reason behind Emily's inability to read?

Peeling Back the Layers (Jennifer McGrail) : A mother removes her son from speech and occupational therapy.

 
Par Phoebe @ 20h13 - Publié dans : Sans Zécole
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Mercredi 7 septembre 2005 3 07 /09 /Sep /2005 00:00
Les questions de Marianne dans son commentaire à mon post Apprentissage Naturel - Michelle Cannon m'ont aidée à me poser, à clarifier certaines choses.

Oui, je le redis, mon cousin et ma cousine sont mieux à l'école qu'à la maison. Je vais avoir l'air dure, je vais critiquer aussi, mais c'est vrai.
Oh des jeux - et même des jeux "éducatifs" - ils en ont (des trucs qui font du bruit et que j'abhorre) mais ce qu'ils n'ont pas c'est des parents attentifs. Enfin, attentifs, ils le sont à leur façon sans doute puisque leurs enfants sont en bonne santé, ont à manger, un toit, sont vêtus... mais quand leur maman m'a dit un jour "oh, ass' mat' je trouve ça ch** faut s'asseoir avec eux faire des puzzles", j'ai halluciné.
Enfin, elle aura au moins eu plus de conscience professionnelle que pour ses enfants. Oh sa maison est mieux rangée que la mienne, elle n'a pas de scrupule a coller ses mômes chez l'un ou chez l'autre pour faire ci ou ça, parfois je me dis que ses enfants l'emmerdent. Pas de réponse à leurs questions, pas de "discussion", de film regardé ensemble et commenté, pas de lecture de livre.... Bref, c'est ce qui me fait dire que oui, dans certains cas, y'a pas photo, l'école apporte beaucoup plus que ce que la maison aurait apporté.

La première raison qui fait que la maison c'est mieux qu'à l'école, c'est quand les parents et/ou l'enfant le pensent.
Pour ne pas scolariser, il faut que tout le monde en ait envie : parents et enfant(s).
Plus les enfants grandissent et moins l'aspect "tous ensemble tout le temps" sera vrai. Déjà, rien qu'avec PZ1 je vois la différence : il a plus de possibilités d'activités, il est maintenant plus envisageable de lui proposer de passer quelques jours chez un copain qui ne va pas à l'école. Mais il faut quand même réaliser que c'est parfois difficile de vivre cette proximité, surtout avec des plus petits encore en demande de maternage. D'où l'importance (pour les mamans1 plus que pour les enfants !) de se constituer un réseau d'ami(e)s auprès desquel(le)s on pourra notamment vider son sac si besoin sans s'entendre répondre "ben t'as qu'à les mettre à l'école".

Coté financier, maintenant... j'étais assistante maternelle, ce qui n'a pas été forcément facile car ma disponibilité à être avec mes enfants était moindre et pour tout dire plus le temps passait moins je vivais bien le paradoxe de la proximité géographique et du manque de disponibilité. Travailler à la maison ou en extérieur peut être carrément impossible dans un cadre d'école à la maison avec planning etc. car là il faut tout arriver à caser : l'école, le boulot... Ceci étant dit, d'autres parents bossent tous deux2 et y arrivent (j'en connais même qui sont chirurgien et docteur...<wink>).
Tout est possible en fait en fonction des limites / priorités de chacun (et des capacités organisationnelles le cas échéant) : quand on veut, on peut3.
Personnellement, j'apprécie ce congé parental qui me permet d'ETRE avec mes enfants sans trop grever le budget. Mais on pourrait renoncer à certaines choses et s'en sortir avec un seul salaire.
D'autant qu'habitant en ville, l'accès aux ludothèques, bibliothèques, médiathèques, musées etc. est facile. On a même sans moyens énormes la possibilité d'avoir un environnement "riche", des moyens à dispositions parmi lesquels adulte comme enfant pourront piocher pour explorer leurs centres d'intérêts. Ici, pour le japonais, nous avons trouvé des sites forts bien faits, emprunté des méthodes à la bibliothèque municipale par exemple. et nous aurions pu nous passer des quelques achats faits, qui nous facilitent la vie mais n'étaient pas *indispensables* pour mener notre projet d'apprentissage du japonais à bien.
La non scolarisation n'est pas une question de moyens, même si on souhaite reproduire l'école : créativité, récup', emmaüs, ebay, un bon abonnement internet (pléthore de sites utiles et utilisables, j'ai souvenir et PZ1 aussi d'une visite virtuelle de la tombe de Toutankhammon).... Il y a aussi *pour certains* un aspect "frais en moins" à cette situation : pas fringues fashion, de baskets de marque pour se sentir accepté et dans le moule à l'école etc.
Il ne faut pas s'imaginer qu'il faut un revenu minimum exigé par la loi pour la non scolarisation, ce n'est pas le cas et en pratique, avec une sérieuse révision des besoins et des envies il est possible de s'en sortir avec de faibles moyens financiers.

Le niveau "scolaire" des parents ? Pas un problème à mon sens car l'adulte est juste facilitateur d'accès à l'information. S'il n'a pas la réponse qu'à cela ne tienne, on cherche ensemble (et l'enfant développe des stratégies pour satisfaire son besoin), on demande ailleurs (je reviens sur cet exemple de lecture apprise ensemble par une maman et son enfant, ou encore moi qui suis euh... pas au top pour tout ce qui est sciences et techniques et bénis les bouquins fort bien faits qu'on trouve à la bibliothèque). Là encore il n'y a aucune aucune exigence légale, même s'il est vrai que face à un inspecteur des études (surtout au-delà de ce que ce pauvre inspecteur aura "fait") permettent de se sentir considéré comme compétent.

Motivation, curiosité, gros bon sens, créativité, patience oui, c'est bien d'avoir tout ça pour une aventure "réussie"... mais surtout, surtout, il y a l'essentiel : aimer être avec ses enfants.

Edit de 12h00.

1 Je ne veux bien évidemment pas dire par là que seules les mamans sont à leur place à la maison... juste que ça semble bien décrire la réalité dans une majeure partie des cas. J'aimerais quant à moi que nous puissions trouver un meilleur équilibre entre le présence de chacun auprès des enfants et une activité rémunérée (extérieure ou à domicile) qui reste nécessaire pour payer les factures etc. compte tenu de notre mode de vie actuel; bref, une vie plus "familiale"...

2
à l'extérieur ou pas.

3 J'y crois fermement à ça : quand quelque chose nous tient réellement à coeur, on arrive toujours à se donner les moyens d'y arriver.
 
Par Phoebe @ 09h40 - Publié dans : Sans Zécole
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Dimanche 4 septembre 2005 7 04 /09 /Sep /2005 00:00
Il y a quelques jours j'ai lu sur le blog Homemade Living un article de Michelle Cannon qui m'a bien plu. Je ne suis pas forcément d'accord avec l'article dans son ensemble, mais il résonne pour l'essentiel avec ce en quoi je crois.
Je lui ai donc demandé la permission de le traduire et de le poster ici, permission qu'elle m'a accordée.
Je répète que je ne suis pas traductrice et que si j'espère avoir rendu l'esprit de l'article, du point de vue « technique » cette traduction n'est pas satisfaisante (même pour moi); cela étant, la seule raison pour laquelle je traduis les articles que j'ai envie de partager ici, c'est pour permettre à ceux ne lisant pas l'anglais d'en saisir l'esprit, en quoi ma traduction me paraît suffisante.
Cet article a également été repris en partie et commenté (y compris par Michelle elle-même) sur le blog Central Indiana Homeschool.

Avant de vous livrer cette traduction, je voudrais commenter quelques points :
- d'abord, là où je ne suis pas d'accord avec elle c'est sur les connaissances acquises « dans les temps anciens »... il me semble que plutôt que de parler de maths de lecture etc. on pourrait se borner à dire que l'on apprenait des parents (et personnellement je dirais plutôt de l'entourage que des seuls parents) ce qui était nécessaire à la (sur)vie.
-  je n'ai pas non plus trop apprécié le côté « les ados de nos jours.. problèmes bla...bla » de l'article.
- en revanche, je suis d'accord : vivre c'est apprendre. Et pour en revenir à l'obligation légale en France d'avoir atteint à l'âge de 16 ans les connaissances requises par la Loi je crois sincèrement qu'en vivant tout simplement mes enfants sauront tout cela : lire, écrire, compter, se repérer dans le monde, dans le temps, leur place dans la société etc.... leurs questions vont déjà dans ce sens d'ailleurs. Je sais aussi, pour l'avoir observé dans ma famille que l'école apporte beaucoup à certains, plus que ce que leur apporterait la non scolarisation, mais je crois que nous avons *nous* plus à gagner en faisant ce dernier choix qu'en optant pour le premier. PZ1 nous voit apprendre le japonais, résultat, il veut apprendre avec nous. Nous apprenons à dessiner ensemble.
- il (me) reste à trouver un équilibre qui nous convienne entre cet apprentissage naturel (unschooling) auquel je crois, les exigences légales, l'éventualité d'une scolarisation l'année prochaine (et donc le besoin de prendre en compte le programme pour que PZ1 ne soit pas en situation d'échec si nous venions à opter pour cette solution)... j'oublie bon nombre des termes de cette équation, mais je risque de m'y perdre si je veux tout concilier !


Apprentissage naturel : un choix pour l'école à la maison
Par Michelle Cannon

On me pose souvent des questions sur l'école à la maison : où acheter des cours, quels cours, planification, matières etc. Ma réponse est toujours la même : « si vous comptez mettre en place toute cette planification, cette course aux cours, pourquoi ne pas les mettre à l'école publique ? ».

Comme je vois les choses... si vous avez des enfants, vous faites DEJA l'école à la maison... et puis vous les mettez à l'école et tout s'arrête. Vous avez fait l'école à la maison depuis que vous leur avrez donné naissance. Regardez la stupéfiante croissance mentale et intellectuelle qu'ils ont connues sans « bénéficier » de l'école. Pourquoi ça ? Parce que les enfants apprennent naturellement. Ils sont naturellement curieux de toute chose. Et quand un enfant est intéressé et le montre... que faites-vous ? Vous suivez son intérêt. Vous en parlez, vous empruntez des livres sur ce sujet à la bibliothèque etc. C'est ce que vous avez fait depuis qu'il/elle est né(e). Cela s'appelle unschooling ou, comme je préfère l'appeler, « apprentissage naturel ». C'est ce que j'ai fait et fais avec mes enfants. Pas besoin de cours, de programmes et d'emploi du temps (une fois encore, pourquoi ne pas les mettre à l'école si c'est pour faire ça ?).

Apprendre est aussi naturel que respirer. Dans les temps anciens, les enfants apprenaient tout ce qu'il y avait à savoir de leurs parents... lecture, mathématiques, religion, étique, morale, savoir « social ». Ces peuples primitifs n'envoyaient pas leurs enfants pendant 6 à 8 heures par jour dans des instituaitons payées par le gouvernement où des étrangers décidaient ce qui leur serait ou pas enseigné. Non. Ils accordaient de la valeur à leurs enfants et les voyaient comme des extensions d'eux-mêmes. Ils les avaient à la maison, à la place qui leur appartenait, et leur apprenaient les façons de leur propre monde et de leur culture.

Mais comment cela marche-t-il ? C'est simple. Cela demande peu d'efforts. En gros, vous vivez juste. Oui, c'est ce que j'ai dit. Vous vivez avec vos enfants, proche d'eux et ouvert à eux. Ils n'ont pas leur « propre monde » parce qu'ils sont des enfants. (A mon avis, cette façon de voir est exactement ce qui explique pourquoi il y a des adolescents qui vivent leurs propres vies dont leur parents n'ont aucune idée). Ils sont avec vous toute la journée et tout est prétexte à apprentissage. Qu'ils fassent la cuisine avec vous, le ménage avec vous, travaillent avec vous, regadent les actualités le soir avec vous, discutent avec vous en voiture, aillent à la bilbiothèque, au musée, visitent des monuments, que vous parliez des personnes que vous connaissez ou des actualités ou même que vous discutiez des problèmes rencontrés avec d'autres personnes, le travail ou dans la vie en général. Il faut juste garder à l'esprit l'âge et la maturité de l'enfant.(Il est évident que la politique mondiale passe au-dessus de la tête de mon enfant de deux ans et que je ne parle pas de la dernière mutilation d'enfant à la une avec mon enfant de 7 ans). Je me hasarderai à dire que j'ai plus de conversation et de relation avec mes enfants que je n'en vois dans d'autres familles. Presque à chaque moment de veille, il y a une conversation entre eux et moi. Et ils apprennent.

Et qu'apprennent-ils ? De ce que j'ai mentionné plus haut, ils apprennent les outils mathématiques (en cuisinant, en travaillant avec moi, en s'occupant de gérer l'argent et de faire les comptes ils apprennent les maths); ils apprennent la responsabilité vis à vis d'un employeur et de la famille (en travaillant avec et pour moi, en nettoyant la maison, en prenant soin des plus jeunes); ils apprennent que le monde est un endroit à la fois merveilleux et laid (les informations, les actualités, les discussions qui en naissent) et comment appréhender ces belles et vilaines choses d'un point de vue éthique et moral. Ils apprennent l'histoire et les sciences et la lecture et les arts (par votre exemple et vos propres intérêts qui vous font visiter des sites historiques ou des musées etc.). Et oui, je parle des difficultés financières, des problèmes avec les collègues de travail avec les plus âgés de mes enfants. Contrairement à la croyance parentale populaire, cela ne leur fait pas de mal. En fait, mes enfants ont une vision honnête et ouverte de ces problèmes. Ils peuvent se sortir d'à peu près n'importe quoi. Ils peuvent tirer parti du moindre centime. Ils ont appris l'art de la diplomatie et celui d'argumenter avec autrui. Ils ont tant appris qu'ils ont du mal à supporter la pensée superficielle et les raisonnements enfantins de tant d'adolescents modernes. Les gens sont impressionnés par mes enfants, leur aisance à s'exprimer, leur réflexion mature et l'absence chez eux de ces « problèmes » que beaucoup d'adolescents ont de nos jours.

L'un dans l'autre, c'est une voie facile à suivre. Les seules contraintes horaires s'imposent d'elles-mêmes et sont liées au travail, aux repas et autres choses normales. Les enfants ne sont pas collés à un endroit dans une pièce où ils grandissent et en viennent à détester les livres, lire et les emplois du temps. Pourquoi leur imposer (ou vous l'imposer à vous-même) un tel stress ? Jadis j'ai suivi cette voie. Cela nous a rendu la vie difficile. Ma vie devait tourner autour de cet « emploi du temps scolaire »... ce qui signifiait retarder des choses, en éliminer d'autres... en gros, j'ai fini par cesser d'apprécier ma vie de tous les jours ! Les choses n'ont pas à être ainsi. Faites ces courses, réalisez ces projets, partez en voyage... avec vos enfants à vos côtés. Faites ce que vous feriez normalement si l'enfant n'était pas à l'école, parce qu'ils ne sont pas à l'école. Il sont à la maison. La maison ne devrait pas être une mini-école. C'est un lieu de chaleur, d'amour, un lieu pour grandir. C'est un endroit pour apprendre.

Copyright 2005 Michelle Cannon

Michelle Cannon est mère de 5 enfants.  Depuis 2003 elle publie une newsletter consacrée à  la santé naturelle et une autre consacrée au maternage.
Son site web (e-boutique en lien avec son activité professionnelle).
La contacter.
 
Par Phoebe @ 21h56 - Publié dans : Sans Zécole
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Dimanche 4 septembre 2005 7 04 /09 /Sep /2005 00:00
Reçu ce matin (ok, hier matin vu que minuit est passé par là), et bien moins fun que le troisième volume de Connie la vache...



Objet : scolarisation à domicile

Madame, Monsieur,

J'ai bien reçu votre corresponance par laquelle vous m'informez de vore décision d'instruire votre en fant NOM Prénom à domicile.
Conformément aux dispositions de la loi du 18 décembre 1998, sachez qu'une copie de vore correspondance seraz adressée au Service de santé Scolaire de la ville de Grenoble, chargé de réaliser les enquêtes à caractère social ans les familles pratiquant l'instruction à domicile, ainsi qu'à l'Inspection d'Académie de Grenoble.
Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations les meilleures.


Bon voilà, avec en copie le courrier adressé au service de la santé scolaire... j'attends qu'ils se manifestent.
J'attends aussi le courrier de l'IA.

Deux choses quand même...
Je me demande pourquoi il est écrit "scolarisation"... faut-il que j'en revoie la définition ? Pour moi scolariser c'est mettre à l'école et "scolarisation à la maison" ça va aussi bien ensemble qu'une paire de rollers et Connie la vache.
Et puis on m'a appris que si une lettre est adressée à Madame, Monsieur, il convient de reprendre ce même Madame, Monsieur dans la formule de politesse clôturant le courrier.

Comment ça, je suis mesquine ?

(P.S. Je vous rassure, mon enfant ne s'appelle pas NOM Prénom... des fois que vous en doutiez).
 
Par Phoebe @ 00h13 - Publié dans : Sans Zécole
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Vendredi 2 septembre 2005 5 02 /09 /Sep /2005 00:00
Excitation ce matin au réveil... non, non, pas les cartables neufs, la rentrée en petite section ou au CP... non, juste la bataille de coussins avec Tata venu passer quelques jours avec nous.
Le parc ensuite, on joue, ils jouent... au milieu des (trop ?) rares assistantes maternelles venues avec des petits sagement rangés dans la poussette double voire triple pendant que ces dames papotent.
Des parents se massent devant la grille de l'école maternelle, enfants à la main. Ils vont attendre là devant pendant 20 minutes, arrivés tôt pour ne pas être en retard en ce premier jour.
« Mamaaaannn, je veux aller au parc » « non chéri, on attend » avant de solennellement passer la grille. Les parents font leur première rentrée de parents, fiers.
J'aperçois même une maman pour qui j'ai failli travailler, son fils a un mois de plus que PZ2. Je le vois, son doudou à la main, le pouce dans la bouche l'air de ne pas trop comprendre ce qu'il se passe. Sa maman attend sagement au milieu des autres mamans et des rares papas. Ils ont l'air grave des premières fois.
J'ai l'impression de faire la maman buissonnière là, moi qui ne suis pas devant cette grille, ni devant l'autre là-bas où les enfants, cartable sur le dos, ne donnent plus la main... la grande école, le CP.... peut-être que je devrais y être moi aussi ??
Non, je suis bien, on est bien dans le parc, sous les arbres ou à dorer aux rayons chaque jour plus doux d'un soleil qui sera trop vite hivernal.
On va pouvoir à nouveau explorer la ville, visiter les parcs, musées, piscines en semaine, sans les bousculades... et surtout on va pouvoir continuer à profiter les uns des autres, pour le meilleur (et pour le pire aussi :) !).
L'espace d'une seconde, le sentiment que tout est à sa place.
 
Par Phoebe @ 18h15 - Publié dans : Sans Zécole
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Dimanche 21 août 2005 7 21 /08 /Août /2005 00:00
Pourquoi les conversations qui commencent par "Et, alors, comment tu vas faire, vous avez un programme à suivre ou...?" ont-elle le don de me mettre en boule ?
Surtout quand elles se poursuivent ainsi :
- Ben non, on nest pas obligés de suivre le programme.
- Ah bon ?!!!
- Non, seule obligation blabla 16 ans blabla (je vous recauserai du blablabla une autre fois)
- Oui mais quand même, il ira à l'école avant d'avoir 16 ans ??!!!!

De quoi je me mêle ?

Ceci dit, la grande majorité des gens - et pas que ma famille laquelle somme toute ne l'ayant jamais quittée est relativement excusable de ne pas arriver à imaginer une vie sans école (pas plus tard que y'a pas longtemps, on a eu une petite prise de tete avec mon gentil pôpa qui s'inquiétait des programmes de CP, voulait y coller les 4 opérations, et m'objectait que "oui mais y'a pas que la lecture, y'a la grammaire, les maths....") - n'arrive pas à intégrer qu'on puisse précisément ne pas mettre son enfant à l'école PARCE QU' on ne veut pas reproduire celle-ci à la maison.
Qu'on veuille éviter l'école du quartier pour des raisons aussi variées que (mettezy c'que vous voulez, de la violence à l'incompétence notoire de l'instit') ça passe, mais qu'on veuille éviter l'école pour ce qu'elle est (les programmes entre autres...), là ça coince salement.

J'ai moi du mal à comprendre ce qu'il y a de si dur à encaisser dans l'idée qu'il n'y a aucun intérêt à ne pas scolariser si c'est pour faire a la maison tout pareil qu'à l'école.
Y'en a que ça gène pas remarquez vu que certains forum sont truffés de "chez nous on scolarise à la maison". Moi qui croyais que scolariser voulait dire "mettre à l'école"....

Et puis ça me gonfle que les gens se croient autorisés à donner leur avis.
Quand c'est les proches, je veux bien croire qu'ils se sentent concernés, qu'ils ont peut-être des inquiétudes... mais la madame trucmuche que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, je vais lui dire moi "mais euh, pourquoi tu colles ton mioche à l'école dis m'dame ?", non. Alors qu'elle me foute la paix.

Plus sérieusement (encore que), je me demande pourquoi ça me titille comme ça ce genre de remarques.
Est-ce que je me sens insécure ? Est-ce que c'est encore ce besoin de me sentir comprise, approuvée qui continue à me jouer des tours (de con) ?
Ma réaction à leur réaction m'interpelle...

Pis pour en revenir à mon gentil pôpa... est-ce que je me sens mal de lui/leur renvoyer en quelque sorte en pleine face à quel point les choix qu'eux mes parents ont fait m'ont rendue malheureuse ?
Va et sois un homme ma fille, t'as aucune raison de te plaindre, si ça se passe mal avec les autres c'est (p'têt) que ça vient de toi...
Là en vrac je me souviens des jeudis midi où j'avais *toujours* mal au ventre avant d'aller au cours de bio avec Mme G., des insinuations douteuse de Mme D., des "sale blanche" de la part d'une atsem en maternelle, des "ah, c'est vous qui êtes si jeune" le premier jour avec Mme (pétard, j'arrive pas à croire que j'ai oublié le nom de cette peau de vache !!!) histoire que hein on remette bien d'emblée les étiquettes à leur place des fois que... j'en passe, des pas mal pire.... et puis mine de rien, une pression, certes non formulée mais d'autant plus pesante que je me la collais fort bien toute seule et qu'ils allaient pas en rajouter, à l'excellence...

Mon p'tit zèbre là, t'as bien le temps pour la grammaire, les maths... quand t'en auras besoin, tout ça, fingers dans le noze tu l'apprendras.
Mais qui tu es *vraiment* et que t'as une place dans ce monde et une place unique rien qu'à toi, c'est dans aucun de leur programme estampillé EN.
Et ça, franchement mon coeur, c'est vachement plus important que lire-écrire-compter-la conjugaison-et le reste.
Et en plus, on a la loi pour nous : nous ne sommes pas tenus de suivre les programmes (
Circulaire d'application n° 99-070 du 14-5-1999 : Le contrôle de l'instruction dans la famille par l'inspecteur d'académie doit donc se faire en référence à l'article 1er de la loi du 18 décembre 1998 et au décret n° 99-224 du 23 mars 1999, et non pas aux programmes en vigueur dans les classes des établissements publics ou privés sous contrat.).
 
Par Phoebe @ 23h36 - Publié dans : Sans Zécole
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Mercredi 17 août 2005 3 17 /08 /Août /2005 00:00
C'est le grand jour aujourd'hui.
J'ai écrit et posté (en recommandé avec AR) mes deux courriers de déclaration.
En effet, la loi (article L131-5 du Code de l'Education) oblige toute personne désirant pratiquer l'instruction à domicile à déclarer (auprès de la mairie et de l'inspection académique dont elle dépend) qu'elle prend en charge l'instruction des enfants dont le nom et la date de naissance sont spécifiés. Cette déclaration doit avoir lieu à chaque rentrée scolaire à partir de celle de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de 6 ans, et jusqu'à l'âge de 16 ans. Dans le cas d'un changement de résidence, ou d'un changement du choix du mode d'instruction en cours d'année, la déclaration doit en être faite dans les huit jours qui suivent le changement.
Donc voilà, avec mon traitement de textes préféré (OpenOffice) j'ai tapé de mes petits doigts ces deux courriers à destination de messieurs Michel Destot et Jacques Aubry que j'ai adressés :
- l'un à Monsieur Le Maire - Hôtel de Ville - 11 Bd Jean Pain - BP 1066 - 38021 Grenoble Cedex 1
- et l'autre à Monsieur l'Inspecteur d'Académie - Cité administrative - 1 Rue Joseph Chanrion - 38032 Grenoble Cedex 1

C'est le grand saut. J'exagèrerais un peu si je disais que j'ai l'estomac noué, mais quand même, cette plongée vers l'inconnu (ne pas savoir à quelle sauce on sera mangés) ne se fait pas sereinement.
J'attends maintenant que l'Inspecteur d'Académie dans un premier temps me retourne le certificat d'instruction à domicile et dans un second temps m'indique à quelle date nous serons contrôlés. Les services compétents de la mairie prendront également contact avec moi pour l'enquête sociale.

En effet l'article L 131-10 du Code de l'Education précise :  Les enfants soumis à l'obligation scolaire qui reçoivent l'instruction dans leur famille sont dès la première année, et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente, uniquement aux fins d'établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables, et s'il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille. Le résultat de cette enquête est communiqué à l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale.
Lorsque l'enquête n'a pas été effectuée, elle est diligentée par le représentant de l'Etat dans le département.

L'inspecteur d'académie doit au moins une fois par an, à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par la famille, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1.

Ce contrôle prescrit par l'inspecteur d'académie a lieu notamment au domicile des parents de l'enfant.
Ce contrôle est effectué sans délai en cas de défaut de déclaration d'instruction par la famille, sans préjudice de l'application des sanctions pénales.

Le contenu des connaissances requis des élèves est fixé par décret.

Les résultats de ce contrôle sont notifiés aux personnes responsables avec l'indication du délai dans lequel elles devront fournir leurs explications ou améliorer la situation et des sanctions dont elles seraient l'objet dans le cas contraire.

Si, au terme d'un nouveau délai fixé par l'inspecteur d'académie, les résultats du contrôle sont jugés insuffisants, les parents sont mis en demeure, dans les quinze jours suivant la notification, d'inscrire leur enfant dans un établissement d'enseignement public ou privé et de faire connaître au maire, qui en informe l'inspecteur d'académie, l'école ou l'établissement qu'ils auront choisi.


Je souligne que le terme obligation scolaire n'est pas conforme à la loi puisque
ce n'est pas l'école qui est obligatoire mais l'instruction comme l'indiquent les articles ci-dessous (le code de l'éducation peut être consulté en ligne dans son intégralité).

Article L 131-1 du Code de l'Education : L'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans.
La présente disposition ne fait pas obstacle à l'application des prescriptions particulières imposant une scolarité plus longue.
 

Article L 131-1-1 du Code de l'Education : Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle et d'exercer sa citoyenneté.
Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement.

Article L 131-2 du Code de l'Education : L'instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l'un d'entre eux, ou toute personne de leur choix.
Un service public de l'enseignement à distance est organisé notamment pour assurer l'instruction des enfants qui ne peuvent être scolarisés dans une école ou dans un établissement scolaire.
 
Par Phoebe @ 16h45 - Publié dans : Sans Zécole
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Mardi 16 août 2005 2 16 /08 /Août /2005 00:00
Voilà, on a cogité, pesé le pour et le contre et on ne va finalement pas prendre de cours par correspondance.
Je continue à stresser à propos de l'inspection, que je souhaite conforme aux textes (même s'ils sont vagues....) mais on fera voler ce faucon quand ses ailes auront poussé.
Je reviendrai plus tard sur les points qui me tiennent à coeur au sujet de cette inspection.
Par Phoebe @ 18h31 - Publié dans : Sans Zécole
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Dimanche 14 août 2005 7 14 /08 /Août /2005 00:00
Jusque là j'étais confiante.
Visite sociale, inspection "académique" ne me posaient pas de problème.
Sauf que l'échéance approche.
C'est maintenant qu'il me faudrait rédiger les courriers officiels indiquant que nous comptons intruire notre enfant en famille.
Et à vrai dire, plus le temps passe et moins je me sens capable de "rendre des comptes".
Je ne doute pas que sur le plan des "connaissances" ils n'auraient rien à redire du "niveau" de PZ1. Mais voilà, je n'ai pas envie qu'il soit évalué, je n'ai pas envie de raisonner en termes de niveau, de connaissance, d'évaluation... je n'ai pas envie d'avoir à expliquer que le loi nous permet de rester maîtres des choix pédagogiques, y compris le unschooling donc. Je suis lâche, j'ai envie de fuir.
J'envisage, juste pour la tranquillité, d'inscrire PZ1 à des cours par correspondance.
Mais la tranquillité a un coût.
Est-ce que ça vaut la peine de débourser 695 € (exemple pour un CP avec les cours Legendre) pour certes éviter le contrôle "in situ" mais être contraint par ailleurs à rendre des devoirs et à travailler selon les programmes ?
Je suis tiraillée. Mais je me sens de moins en moins capable d'affronter sereinement une inspection compte tenu de nos façons de faire. C'est bien moi le problème, pas autre chose. Peut-être qu'après avoir réussi à me poser en interlocuteur avec les blouses blanches, il est temps pour moi de le faire avec les représentants de l'EN (Education Nationale) ? Le temps de la maturité pour moi ici aussi ?
Cours par correspondance. Sauf que je n'ai pas envie de faire "travailler" PZ1. A quoi bon s'inscrire à des cours pour faire à la maison comme à l'école ? Ceci dit, on pourrait peut-être trouver des cours accomodants...
Papa Zèbre craint ce qu'il pourrait arriver en cas d'inspection si nous ne faisons aucun "travail" de type scolaire. Légalement, rien (je fais là un raccourci énorme), mais il y a toujours le risque de tomber sur un missionnaire estampillé EN qui soit trop zélé. Et je ne suis pas sûre d'être capable de ne pas desservir notre cause en ne me montrant pas agressive ou au contraire en paraissant trop incertaine.
Et le sujet "non scolarisation" est quand même suffisamment sensible à la maison pour que des difficultés avec les autorités (véritable enquête sociale, signalement...) qui viendraient s'ajouter à nos doutes et remises en questions personnelles me semblent par avance ingérables toutes hypothétiques qu'elles soient et surtout source d'éclatement de notre couple.

Je ne sais pas.
Affaire à suivre.
 
Par Phoebe @ 11h20 - Publié dans : Sans Zécole
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Dimanche 24 juillet 2005 7 24 /07 /Juil /2005 00:00
Ecole à la maison, homeschooling, unschooling.... autant d'appellations, autant de réalités toutes nées de cette seule légalité de l'instruction en famille.

En effet, contrairement à ce que la grande majorité croit, ou même à ce qui est écrit noir sur blanc dans certains livres qui pratiquent là un raccourci saisissant (mais quand les projets de loi eux-mêmes assimilent instruction à scolarisation, on ne peut guère s'étonner qu'il en aille de même dans des ouvrages à destination du grand public), ce n'est, en France, pas l'école qui est obligatoire mais l'instruction.
Le nouveau Code de l'Education, adopté par l'ordonnance n°2000-549 du 15 juin 2000 (publiée au Journal officiel de la République française du 22 juin 2000), confirme que c'est l'instruction qui obligatoire et ce pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans.
Si elle est assurée prioritairement dans les établissements ou écoles publics ou privés, elle peut également l'être dans les familles par les parents, ou l'un d'entre eux, ou toute personne de leur choix.
Outre celle d'instruction, il y a cette obligation, légale également, de déclarer auprès de la mairie et de l'inspection académique que l'instruction se passe en famille.
Ce que je me pépare à faire pour la première fois mi-août...
Je reviendrai probablement sur ces aspects légaux (et pratiques) dans un prochain post.

Donc voilà, il est légal de ne pas aller à l'école mais les parents de ceux qui n'y vont pas sont tenus de s'assurer que le droit à l'instruction de leur(s) enfant(s) est respecté.

Tout le monde sait comment ça se passe dans une famille scolarisante, ce qui rythme les journées, les semaines... tout cela est familier.
Mais dire que mes enfants ne vont pas à l'école, c'est déroutant à entendre pour une bonne majorité. Surtout maintenant que mon "grand" est "grand" en âge et pas seulement taille. Ce qui surprenait moins en petite section est devenu plus étonnant pour les gens avec le temps et les centimètres gagnés qui le faisaient paraître plus âgé. Et maintenant que l'âge s'ajoute au tableau, les yeux s'ouvrent, ronds comme des billes.
Comment décrire ce que nous vivons ?
Ecole à la maison ? Homeschooling (ça fait toujours staïle de mettre de l'anglais... bon je suis mauvaise langue, l'anglais est surtout employé parce que c'est d'abord aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne que le phénomène a pris de l'ampleur) ? Unschooling ? Vie sans école ? Vivre en liberté ? Apprendre ensemble ? Apprendre autrement ?
J'avoue ne pas savoir. Je sais que j'ai plus ou moins expliqué ici à quel point le unschooling me "parle", pour autant je ne pense pas pouvoir dire que ce terme correspond exactement à ce qui se vit chez nous.
Plus qu'une méthode, le unschooling c'est avant tout une philosophie de vie, une façon différente de voir les choses : chacun est maître de ses apprentissages, libre de décider quoi et quand apprendre.
D'autres diront au contraire qu'ils font "l'école à la maison" (homeschooling) et, effectivement reproduiront la progression mise en oeuvre à l'école en en utilisant les outils.

Est-il nécessaire de mettre des mots sur notre réalité ? Peut-être pas, mais ils sont bien pratiques pour répondre aux curieux.
Alors je réponds "école à la maison", c'est plus parlant même si ça ne correspond pas à nos journées.
Il a fallu aussi expliquer à PZ1 le sens du "tu es en quelle classe ?" qui revient souvent, sans même s'être assuré d'abord qu'il est scolarisé. Marrant, maintenant, je demande toujours d'abord : "il/tu va(s) à l'école ?".
Et l'air effaré des autres enfants "mais c'est pas vrai, c'est pas possible" ou "non, tu mens". L'air non moins effaré parfois des adultes, parents ou non.
Je réponds "école à la maison", c'est plus parlant et ça fait moins peur.
Et parfois, lui comme moi, on répond "grande section"... ça va plus vite.


Quelques articles à lire en ligne :
Sur wikipédia.
Un article du monde de l'éducation
Dans le courrier de l'unesco

Deux sites d'association à visiter :
- Les Enfants D'Abord : LED'A a pour objectifs d'aider et informer les individus et les familles pratiquant l'instruction parentale, ou seulement intéressés, de permettre aux adhérents de se rencontrer et d'échanger leurs connaissances et leurs expériences, et enfin défendre le droit au libre choix du mode d'instruction.
- Choisir d'Instruire Son Enfant (on remarquera au passage, que déjà, rien que par le nom, le positionnement est différent) : CISE est une association d'information et de soutien aux familles qui ont choisi d'instruire leurs enfants à domicile.

Qelques liens anglophones en vrac :
Unschooling.com :
Come explore unschooling.com, where parents and children have learned to trust themselves and each other !
Life Learning Magazine : Inspiring families around the world who learn without schooling.
Site de Sandra Dodd : Learning for fun is the most fun way to learn, and to live. I have gathered much and written some to inspire you to revel in your own learning, and in your children's learning, and in your friends' curiosity and happiness in the face of a world of information, voilà comment elle-même présente son site.
Live free learn free : Live Free Learn Free is a magazine for unschoolers and relaxed homeschoolers in which to share ideas, stories, and experiences.
Taking children seriously : Bringing parents and children together.
Unschooling : liste de sites, d'articles, de liens vers des groupes de soutien.

Par Phoebe @ 09h25 - 19/07/05 - Publié dans : Sans Zécole
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Jeudi 14 juillet 2005 4 14 /07 /Juil /2005 00:00
Je voulais le garder comme premier post des vacances.... mais finalement non, c'est aujourd'hui que j'étoffe un peu la rubrique Sans Zécole qui ne comptait jusque là qu'un seul article, dans lequel j'expliquais pour une bonne partie les raisons qui nous ont poussé à ne pas inscrire notre puis nos zèbres à l'école.
Dans ce second post, je traiterai de celles qui font que nous continuons. Tant que celles-ci sont plus nombreuses que celles qui pourraient nous pousser à arrêter et que je compte évoquer dans un autre article, les zèbres continueront à faire l' "école à la maison"1.

Quels avantages trouvons-nous à ne pas aller à l'école ?

Je trouve que trois ans (et deux  plus encore !), c'est (trop) petit pour être confronté à des groupes aussi larges que ceux qu'on peut trouver à l'école : des classes de parfois 25 ou 30 élèves du même âge, avec des besoins de maternage encore grands.
Sans parler du groupe encore plus large qui se retrouve dans la cour de récréation.
Je ne veux pas dire par là que l'école à deux ans ou à trois ans "c'est mal" (et j'en profite pour préciser que j'y suis allée à deux ans), mais juste que la structure telle qu'elle est en général et dans certaines écoles en particulier n'est à mon sens pas adaptée.

A la maison, l'enfant se trouve  dans un environnement non seulement familier et rassurant, mais surtout adapté à sa taille : un petit groupe, qui n'est pas restreint au seul cercle familial bien évidemment. La plupart de ceux qui ont choisi de ne pas inscrire leur enfant à l'école s'arrangent pour rencontrer d'autres familles dans le même cas ne serait-ce que pour se sentir moins isolées dans un choix qui demeure marginal même s'il se répand de plus en plus. C'est aussi la possibilté de se retrouver dans des situations de groupes moins artificielles que celles vécues à l'école entre enfants tous d'une même classe d'âge.
A la maison, l'enfant est en contact d'abord avec ses frères et soeurs, stimulé par les plus grands, moteur pour les plus petits.
Ne pas aller à l'école c'est aussi avoir plus de temps, plus d'opportunités pour rencontrer d'autres personnes de la "vraie vie" : le géomètre qui fait des relevés, le réparateur EDF, le conducteur du tram ou du bus... PZ1 a eu l'occasion de discuter avec de telles personnes, d'en savoir plus sur comment et pourquoi elles travaillaient et à une ou deux exceptions près cela s'est toujours très bien passé : ces personnes étaient contentes de montrer leur travail, d'expliquer (je précise quand même que nous avons à chaque fois eu à coeur de ne pas les déranger....). Il a ainsi par exemple, pu rentrer dans une locomotive et actionner les essuie-glaces, le klaxon ou encore pu manoeuvrer le bouton de fermeture des portes dans le tram... liste non exhaustive des expériences qu'il a ainsi vécues et qu'il n'aurait pu faire s'il avait été à l'école parce que nous aurions eu moins de temps pour observer, rencontrer.

Un autre aspect que je trouve important : celui du respect du rythme de l'enfant. Un réveil qui se fait à son heure et pas "vite vite parce qu'il faut aller à l'école", une sieste si, quand et aussi longtemps qu'elle est la bienvenue, faire pipi quand on en a besoin et pas tous ensemble à 10 heures... Sans parler du fait de pouvoir apprendre "quand" on veut et "ce" qu'on veut avec des supports variés et adaptés à ses demandes et à son mode d'apprentissage.
Il garde aussi l'envie, le besoin d'apprendre pour le plaisir d'apprendre, de savoir, de comprendre le monde qui l'entoure au lieu de travailler en vue d'évaluations, de contrôles, de notes. Sa curiosité lui ouvre, avec si besoin l'aide des personnes bienveillantes qui l'entourent, les portes du monde.
Ce choix correspond aussi à un choix de vie : ne pas être complètement coupée de mes enfants, ni eux de moi, qu'ils participent à la vie de la famille avec nous les parents. Qu'ils sachent ce que c'est qu'un quotidien domestique à "gérer" (les lessives, les repas, le ménage....), ce que c'est qu'un bébé et devoir répondre à ses besoins... bref, autre chose que de nous voir tous seulement après le travail / l'école / la nounou c'est à dire à des moments où les tensions générées par tout ce qui a été vécu dans la journée ne sont pas propices aux retrouvailles sereines, encore compliquées par les questions d'ordre domestique qu'il faut alors résoudre "vite vite" (le bain, les repas, les devoirs....) : vivre ensemble, vraiment, apprendre à nous connaître, prendre le temps de le faire. Ne pas passer à côté les uns des autres.

Un autre avantage que je vois à notre situation, c'est le fait de ne pas devoir prendre nos vacances aux dates des vacances scolaires et la flexibilité que ça nous donne (sans parler du coût moindre) de ne pas être ainsi liés par cette contrainte. C'est en plus moins cher, et plus facile pour mon mari de poser des dates de congés en dehors des périodes auxquelles tout le monde souhaite partir... même s'il est vrai que nous ne voyageons pas beaucoup. C'est cette absence de contrainte "scolaire" qui nous a permis de partir tous ensemble à Paris au mois de juin, ce que nous n'aurions pas pu faire si PZ1 avait été scolarisé : même en maternelle, les absences doivent être justifiées et ne peuvent dépasser dans certaines école 2 demi-journées par mois.

D'autres choses entrent peut-être en jeu, pour le moment je pense avoir cité ce qui est essentiel pour nous et qui nous donne l'envie de continuer ainsi.
Et comme tout n'est pas non plus tout rose tous les jours, je consacrerai un prochain post aux inconvénients qu'il y a à vivre ce choix différent.



1 Edit du 15/07/05 : C'est volontairement que je mets des guillemets à "'école à la maison" puisque je ne souhaite pas reproduire l'école... à la maison.  Ne pas scolariser (et non pas "scolariser à la maison", expression qui me fait bondir à chaque fois que je l'entends : soit on scolarise, soit on ne scolarise pas...), c'est l'occasion  justemement de faire autre chose, autrement.
Par Phoebe @ 15h30 - Publié dans : Sans Zécole
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Samedi 11 juin 2005 6 11 /06 /Juin /2005 00:00

Mes Zhommes viennent de sortir, ma princesse dort (du sommeil du juste et des bébés) et j'ai donc pour une fois un peu de temps au calme pour écrire ce premier article dont je repousse la rédaction depuis un petit moment.

Je l'ai déjà écrit, PZ1 ne va pas à l'école et n'ira pas au Cours Préparatoire; PZ2 qui serait supposé faire son entrée en petite section de maternelle en septembre 2005 n'ira pas non plus (nous ferons en quelque sorte, l' "école à la maison"1).


Pourquoi n'avons-nous pas inscrit PZ1 en petite section à la rentrée 2002 ?


Nos raisons sont à la fois simples et complexes.

La version officielle, à l'époque, était que nous pensions important de ne pas ajouter à la venue de son petit frère ou de sa petite soeur la nouveauté de l'école, surtout dans un contexte où je restais à la maison et m'occupais des enfants des autres (je suis assistante maternelle).
Nous avons vite opté pour cette version-là, plus courte et qui avait le mérite de "parler" à tout le monde et de ne pas susciter plus de questions de la part de nos interlocuteurs.

Nous ne mentions là que par omission.

Pour être honnête, la décision bien que prise à deux a été impulsée par moi.
Il est indéniable que mon propre vécu scolaire (et dans une moindre mesure celui de Papa zèbre) a pesé lourd dans cette décision. Sur le plan purement intellectuel, me faire bénéficier de deux ans d'avance (non, je n'ai pas sauté de classe : j'ai fait ma première rentrée à l'âge de deux ans et suivi ensuite le cursus de mes camarades nés deux ans avant moi) était sans doute le moins mauvais choix à faire et je pense sincèrement que s'il en avait été autrement je n'aurais même pas été jusqu'au bac. Bien évidemment je ne peux pas en être sûre, et même si je n'avais pas eu mon bac, ça ne signifie pas pour autant que mon autre vie aurait été moins bien... ni mieux.
Là où ces deux ans d'avance ont par contre joué contre moi c'est que je cumulais les étiquettes : seule blanche dans une école aux Antilles, tête de classe sans aucune difficulté et sans aucun travail de ma part jusqu'en classe de troisième, fille du principal et de la prof. d'anglais au collège... tout ceci ajouté à ma propre personnalité ont fait que les relations avec mes pairs n'ont jamais été autre chose que conflictuelles et source de grandes souffrances pour moi. Ce n'est qu'au lycée, par le biais de ce que plusieurs années plus tard j'apprendrais être de l'auto-mutilation intellectuelle, que j'ai pu enfin nouer des liens durables avec certains de mes camarades. Tellement durables qu'ils font encore partie de ma vie aujourd'hui.

On peut aussi ajouter l'incroyable stupidité de certains enseignants, leurs maladresses intentionnelles ou non, parfois un sentiment que je qualifierais de jalousie faute de meilleur mot quand leurs propres enfants du même âge que moi étaient deux classes en-dessous, une gêne face à une élève qu'ils ne comprenaient pas, fille de leur chef hiérarchique de sucroît ce qui fait que certains s'imaginaient observés, jaugés à travers moi... bref un grand nombre de choses en provenance du corps enseignant (oui, oui, eux là, les supposés adultes, "grandes personnes" dans la relation...) qui, au mieux contribuaient seulement à alourdir l'atmosphère au sein de la classe, au pire créaient des situations invivables pour moi et s'en réjouissaient plus ou moins publiquement.

PZ1, en dehors de toute projection maternelle étouffante, présentait quand même un profil pour ce qui concerne les apprentissages dits scolaires assez proche du mien (et vraisemblablement se son père aussi...), il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir. Comment pourrait se passer sa scolarité ? Satisfaire sa soif et privilégier l'intellectuel en envisageant de sauter des classes ? Et comment gérer le relationnel, tant avec ses pairs qu'avec les enseignants ?

En ayant parfaitement conscience que mon fils était différent de moi, que sa situation était elle aussi sans commune mesure avec celle que j'avais connue et que son vécu scolaire le serait probablement aussi, je n'ai pas pu me résoudre à prendre le risque de l'exposer à toutes les souffrances que j'ai pu connaître à l'école.

Certains diront sans doute que je le surprotège, qu'il faut madame savoir couper le cordon. Ce n'est pas une question de cordon, du surprotection, c'est simplement pour moi le fait de ne pas lui faire subir des violences qu'il n'est pas (encore) de taille à affronter. C'est une simple question de protection, de vie. Je ne lancerais pas mon enfant au milieu d'un lac, sans bouée ou sans qu'il ne sache nager. La situation est pour moi du même ordre.

J'en ai bavé à l'école, trop différente de mes pairs, trop incompréhensible pour les profs, à ma place nulle part.
Seule, d'autant plus désespérement seule que c'était au milieu des autres.
A cinq ans, en CE1 je voulais mourir. A vingt ans aussi.

Je veux pour mes enfants une enfance remplie d'innocence, autant que possible. Qu'ils fassent le plein de sécurité affective *avant* d'être lâchés dans le monde, qu'ils sachent qu'ils ont une place dans ce monde, la leur, et que rien ni personne ne peut la leur enlever... qu'ils le sachent avant, qu'ils ne soient pas obligés d'en presque crever pour s'en rendre compte.

J'entends déjà des "ouh laaaaaa, elle est grave celle-là, les pauvres mômes". J'assume. Et si dans vingt ans mes fils vont s'allonger sur des divans pour vider leur sac et leur coeur sur le thème de "c'est ma mère, qu'est ce que vous voulez", j'assume aussi.
S'il y a des comptes à rendre, ce n'est qu'à eux que j'en dois.
Et les choix que je fais pour eux, en attendant qu'ils puissent pleinement faire les leurs, je les fais avec ma tête, mais parfois aussi avec mes tripes. Et je revendique le droit de faire ces choix. Pas forcément ceux qui seront avec le recul les meilleurs, mais ceux dont je pense quand je les fais qu'ils sont les bons.

S'il n'y avait eu que mes tripes justement, j'aurais pu me faire violence.

Le problème c'est que mêmes des gens de l'intérieur (à commencer par mes parents, mais aussi les profs motivés, passionnants et passionnés, tous ceux à leur place dans leur métier que j'ai pu croiser, n'allez pas croire que je ne sais pas qu'il y en a) n'ont pas réussi à me vendre le "système" à me convaincre que ce serait mieux pour PZ1.
Apprendre tous la même chose au même âge, sans considération pour le rythme et les intérêts propres de chacun... pff, je ne voyais pas mon bonhomme en petite section, lui qui était capable d'identifier des dinosaures à des petits détails, qui s'intéressait aux origines du monde, de la vie, lui qui était porteur d'une telle angoisse par rapport à la mort de toute chose vivante... non, je ne voyais pas comment il allait pouvoir grandir et s'épanouir à l'école... pas telle qu'elle est en tous cas.

Et puis ces enfants que nous avons faits, pourquoi nous défaire de la responsabilité de les accompagner, pourquoi confier à d'autres, qui ont forcément moins que nous leur intérêt à coeur, ce soin ? Pourquoi avoir un compagnon, des enfants pour que chacun parte qui au travail, qui à la crèche ou chez la nounou, qui à l'école, qu'on ne se retrouve que le soir, épuisés par nos journées respectives et le week-end et les vacances ? A quoi bon ? Avoir une famille, n'est-ce pas apprendre à vivre ensemble pour vivre mieux avec les autres ?

Rien, décidément, sinon un "c'est comme ça que la majorité des autres fait" ne m'incitait à franchir le cap d'une inscription à l'école.

Alors on en a parlé, Papa Zèbre et moi et on est tombé d'accord : on ne scolariserait qu'au CP et encore si nous avions déménagé d'ici là. Parce que nous habitons près de l'école et qu'on voit comment se passent les récréations, enseignants dans un coin en train de parler entre eux... oui, les fameux clichés qui ont la vie dure. Un peu comme les clichés concernant les assistantes maternelles, ceux-là même qui m'ont fait demander l'agrément plutôt que de confier mon enfant à l'une d'elles. N'empêche que cliché ou pas, certains collent au profil.

Et ce CP arrive. Nous n'avons pas déménagé et ça se passe tellement bien à la maison.

Tout n'est pas tout rose tous les jours, mais nous sommes tous d'accord pour continuer ainsi.

C'est un choix qui pour le moment nous convient à tous; s'il devait demain peser à l'un ou l'autre il serait évidemment remis en question.


1 Edit du 15/07/05 : Je rajoute cette expression d'école à la maison parce qu'elle semble plus parlante pour beaucoup. Et j'y mets des guillemets car justement, ne pas aller à l'école pour nous c'est l'occasion de faire autre chose et autrement.

Par Phoebe @ 14h40 - Publié dans : Sans Zécole
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Jeudi 26 mai 2005 4 26 /05 /Mai /2005 00:00

Je le disais dans le tout premier texte posté ici, ma façon de faire pour ce qui concerne les apprentissages de mes zèbres se situe plutôt dans la mouvance unschooling.
Le terme a sans doute de quoi dérouter quiconque ne serait pas familier avec le vocabulaire fréquemment employé par les non-scolarisants. Plus qu'une méthode, le unschooling c'est avant tout une philosophie de vie, une façon différente de voir les choses : chacun est maître de ses apprentissages, libre de décider quoi et quand apprendre.
Oui mais et si mon enfant n'apprend jamais à lire ? Et s'il n'apprend jamais à écrire ?
Je crois très sincèrement que vivant en France au XXIème siècle, mes enfants vont réaliser l'intérêt qu'il y a à savoir lire, écrire, compter. Et qu'une fois que cet intérêt sera là ils apprendront.
Je constate également tous les jours l'immense curiosité de mes enfants, rien que répondre à leurs questions (ou les aider à trouver une réponse, 1 - je ne sais pas tout et 2 - je trouve bien plus satisfaisant de pouvoir trouver moi-même une réponse à mes interrogations et je suppose qu'il en serait de même pour eux alors j'essaie de leur donner les moyens adaptés à leur âge de trouver la réponse... bon, ok, pour le moment, seul PZ1 est véritablement concerné) nous occupe une grande partie de la journée. Ils se posent des questions, me posent des questions, essaient d'y répondre, demandent de l'aide... bref, font exactement ce que je fais moi quand quelquechose m'intéresse ou me turlupine. J'apprends tous les jours, ils apprennent tous les jours... pas forcément ce qui est au "programme", mais ce qui fait sens pour eux et qui leur sert dans l'immédiat.
Franchement, il ne me reste rien de mon programme de maths de terminale... des maths il ne me reste que ce qui m'a intéressé alors que j'usais mes fonds de jean sur les bancs de l'école et ce dont je me sers tous les jours ou presque. Si j'avais fait le choix d'être astrophysicienne, ou professeur de mathématiques, mes connaissances ne seraient pas les mêmes, mes besoins en mathématiques non plus.
Alors voilà, nous sommes ensemble, nous nous posons des questions et nous cherchons ensemble à y répondre.
Le monde entier est notre salle de classe.
Je vais souvent sur le site (en anglais) de Sandra Dodd, qui parle du unschooling bien mieux que je ne saurai le faire. Je ressors toujours de mes lectures là-bas pleine d'enthousiasme... un vrai remontant les jours où je craque, où je me demande si j'ai fait les bons choix.

Par SMZ @ 10h30 - Publié dans : Sans Zécole
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